16/06/2022

Etienne Klein sur la Première

Le jeudi 16 juin au matin, l'invité de "La Première" de la radio romande était Etienne Klein, physicien et philosophe des sciences français, un grand de la science et de la réflexion, interrogé sur la crise climatique. Réponse: on ne peut pas proprement parler de crise parce que le problème est connu et démontré à l'envi depuis quarante ans.... LE problème, il n'est de loin pas le seul à le dire, est que nous ne croyons pas ce que nous savons, et que la plupart des politiques et des patrons de l'économie ne veulent simplement pas accepter les faits - aussi aberrante que soit cette cécité. Intéressant, non ?

 

15/06/2022

"Votre futur sera mon présent", disent-ils - Jeunesse et climat

La question climatique est un thème quotidien. Il y a là un besoin majeur d'interactions entre toutes les « parties prenantes » dans la société - comme le souligne Klaus Schwab, patron du WEF de Davos, assumant des discours qui se distancient fortement d’un néolibéralisme prédateur.

Les jeunes, ceux en formation comme ceux qui semblent "démissionner", ne vont pas trop bien… Après avoir manifesté leur malaise et leur volonté de faire différemment lors des grandes Marches pour le climat, ils ont été très bousculés par le covid; les consultations de santé mentale ne désemplissent pas.

Sous le titre "Votre futur sera mon présent", il y a eu le 9 juin à l'UNIL des échanges substantiels lors d’un symposium centré sur l’adolescence. Le jour précédent, à l’uni aussi, on a pu voir le film récent « Animal » et assister à un débat passionnant avec Cyril Dion, réalisateur du film, et deux doctorantes travaillant sur l'éco-anxiété et les manières dont la jeunesse réagit à ces défis. De la salle, cri du cœur d’une jeune femme disant sa peine à retrouver "des choses qu'on m'a volées" (dont des années de liberté volées par le covid).

Cyril Dion, a connu le burnout mais échappe au pessimisme par l'hyperactivité. Il a souligné l'importance de récits motivants, inspirants, sur le mode de vie nouveau à trouver impérativement - le philosophe Bruno Latour parle de « l'obligation de rabouter le monde dont on vit avec le monde où l'on vit".

Développement significatif, il y a maintenant à Dorigny un Centre de compétences en durabilité qui a comme objectif d’oeuvrer en sorte qu’aucun-e étudiant-e ne sorte de l’UNIL sans un bagage adéquat sur la durabilité.

 

31/05/2022

  Après le scrutin : Quel meilleur usage du consentement présumé ?

 

Le peuple suisse a accepté il y a peu le principe du consentement présumé au don d'organes. Il ne s'agit pas ici de revenir sur les débats récents mais d'évoquer "la suite". Que je note toutefois que j'ai voté oui, tout en gardant un grand respect pour celles et ceux d’un avis opposé - parmi lesquels d'excellent-e-s ami-e-s et collègues médecins et éthicien-ne-s.  Si je l'ai fait, c'est que, dans le vieux fond de valeurs que mon enfance sur un coteau vigneron m'a donné, il y a la notion de savoir être au service de la collectivité. Et je vois dans le consentement présumé une sorte de "geste civique", qu'on est à mon avis en droit de demander dans une société où nous bénéficions, jour après jour, de tant de prestations, services, soutiens, chances, plutôt largement accordés (étant entendu que les pouvoirs publics n'ont pour l'essentiel, pour "faire le bien", que les sous de nos impôts !). Enseignement gratuit (pas tout à fait jusqu'à la fin des cursus, mais quand même), système de santé améliorable sur certains points mais de haute qualité, réseaux et modes divers de transport etc.  

Ce qui a été souligné dès le résultat connu, par opposants comme laudateurs du nouveau régime, c'est l'importance d'un solide service après-vente - en réalité, une avant-mise en oeuvre. Il est nécessaire que chacun-e comprenne ce dispositif, en particulier qu'il lui est possible n'importe quand de signifier son refus de tout prélèvement (y compris de revenir sur une acceptation antérieure). Refus qui bien sûr sera scrupuleusement respecté. Il m'arrive fréquemment de parler de la réelle culture civique de ce pays, elle ne suffira pas dans le cas particulier : il y aura nécessité d'un exercice d’information nouveau, à réaliser de manière adéquate, pédagogique, détaillée, à large échelle.

Une autre grande question est de savoir si ce régime changera véritablement les chiffres des organes disponibles. Pour m'intéresser au sujet de longue date et en avoir débattu à l’époque au sein de la Commission nationale d'éthique, je n'en suis pas certain - tout en l'espérant vivement, pour donner des chances accrues à nos concitoyen-ne-s en attente de transplantation.

Verrons-nous, qui sait, la persistance d'une sorte de réticence des Suisses-ses au "geste civique" sus-évoqué. Une sorte de… de quoi ? de quant à soi, de "que les autres le fassent, ce n'est pas pour moi", voire une méfiance vis-à-vis des "merveilles" de la médecine actuelle de haut niveau. Réticence qui fait que jusqu'ici nous ne sommes pas bien classés (pour le don d'organes) parmi les pays comparables au nôtre.

Nous verrons. Espérons pour le mieux.