15/07/2017

Être sérieux, s.v.p. - Ce siège au Conseil fédéral devrait aller au Tessin

 

Nous sommes tous d’accord, la première condition pour être élu à un poste important est d’être compétent. Pas question, parce que tel groupe d’intérêt ou telle partie du pays n’a pas eu de représentant au Conseil fédéral depuis longtemps, de nommer n’importe qui.

Cela étant, le Tessin dispose aujourd’hui d’une personne dont les qualités et l’expérience sont telles qu’il est, de l’avis général, un très bon candidat – y compris pour avoir travaillé longuement dans les trois parties du pays et maîtriser remarquablement les langues nationales. Dans ces conditions,  je suis mal à l’aise - et ne suis pas le seul - devant les « frémissements » et bruits présentant une demi-douzaine de PLR romands qui pourraient se porter candidats.  Oui, cela augmenterait le suspense d’une nuit des longs couteaux… mais veut-on ici jouer ? Je souhaiterais que les responsables concernés se montrent fairplay et réalistes, au sens de la diversité fondamentale de ce pays. Il y a un candidat tessinois certainement aussi bon que les autres papables, ne devrait-on pas attendre de la Suisse romande, qui parle si souvent de respect des minorités, qu’elle se rallie à la légitimité pour les italophones, après tant d’années, de réintégrer le Conseil fédéral. Verrons-nous un tel geste élégant et civiquement suisse ?

 

 

12/07/2017

Là où certains médecins pourraient faire beaucoup mieux...

A propos de: Martin Winckler - Les Brutes en blanc – La maltraitance médicale en France

Paris : Flammarion, 2016, 360 p.

Martin Winkler (1955, de son vrai nom Marc Zaffran), est un médecin français dont, notamment, le roman « La Maladie de Sachs » (1998), décrivant la vie d’un généraliste de province, a beaucoup retenu l’attention - et donné lieu à un film. Il a écrit une quinzaine de romans incluant des éléments autobiographiques, portant sur la pratique de la médecine, et une dizaine d’essais. Winckler, après avoir pratiqué dans divers cadres en France durant 25 ans, s’est établi au Québec, où il collabore à la formation médicale dans plusieurs universités.

Un ouvrage grand public mais pas seulement. Il publie cette fois un livre au titre « méchant » (du point de vue du modéré que je suis), « Les Brutes en blanc », survol large et étoffé de ce qui reste rigide, trop directif voire autoritaire, insuffisamment ouvert au dialogue – ainsi que ce qui est/serait tout à fait inacceptable, dans la formation médicale (rapports entre patrons et jeunes médecins) et dans les soins (entre médecins et soignés). Cinq parties pour une quinzaine de chapitres.

C’est au grand public que l’auteur s’adresse en priorité, avec l’objectif de mieux informer les patient-e-s, actuels ou futurs, sur les piliers, les grandes règles (légales et déontologiques) régissant la pratique de la médecine. Notamment les droits à l’information et au respect de sa dignité et de son intégrité, et la faculté de refuser tel acte ou la poursuite du traitement ; droits que le malade peut faire valoir à n’importe quel moment vis-à-vis du praticien  - et idéalement sans que celui-ci prenne une position vexée du style « Vous n’allez pas m’apprendre mon métier ».

S’agissant d’écueils à éviter et d’erreurs à ne pas commettre, ce livre sera aussi parcouru avec intérêt par chaque médecin, praticien comme enseignant, et par les membres des professions soignantes. Sur ce qui est inadéquat voire inadmissible, on trouvera de vigoureux  rappels. On peut regretter que certaines « envolées » ou exemples de l’auteur soient susceptibles d’amener le lecteur médecin à penser « vraiment, il va trop loin ! » et à renoncer à poursuivre, sans tirer profit de tout ce que le propos a de judicieux et actuel.

La médecine, pour servir l’autre. Il rappelle la formule  « Guérir parfois, soulager souvent, consoler toujours ». Parle de la différence entre soigner et traiter, de l’asymétrie obligée de la relation et de l’« aura » du soignant, dont il faut se garder d’user indûment. Il importe de  « s’acclimater à l’idée, dérangeante si on a été formé en France, que soigner ce n’est pas décider à la place du patient, mais l’accompagner et l’épauler dans ses propres décisions ».

11/07/2017

Personnes agées dépendantes : jeûner dans le but de mourir ?...

L e 6 juillet, l’émission "Schweiz aktuell" de la première chaîne de télévision alémanique (SRF 1) a présenté un court reportage sur la réalité occasionnelle du "jeûne pour mourir" (Sterbefasten) chez des personnes âgées, notamment en EMS, qui, pour des raisons diverses, souhaitent s'en aller.

Interview de soignantes et de proches qui ont vécu de telles situations, qu'elles ont comprises.

La Haute Ecole de St-Gall  mène une étude pour obtenir des données plus précises, si possible quantitatives, au niveau suisse.

Encore  une éventualité, dans le domaine de la santé et de l'accompagnement des seniors, qui demande une réflexion éthique.