20/04/2007

Médecins et épuisement professionnel (burn out)

 

Les média se font l’écho de ce qu’une proportion notable des médecins présentent des difficultés de santé. Selon une étude récente du Swiss Medical Weekly, près d’un tiers des médecins de premier recours montrent des signes de surmenage professionnel (burn out). Passablement prennent des médicaments contre la douleur, contre l’anxiété ou des antidépresseurs. Ainsi que l’a indiqué Jacques de Haller, président de la  Fédération des médecins suisses (FMH), cette dernière est en train de mettre sur pied un réseau de prise en  charge des praticiens confrontés à des problèmes psychiques ou sociaux (sous le nom de ReMed). Sur la base de mon expérience antérieure de médecin cantonal, je considère que c’est une initiative nécessaire. A ce propos, on se souvient de la parole biblique "Suis-je le gardien de mon frère ?" On y fait référence négativement parfois, considérant que nous sommes dans un monde d'adultes responsables et que ce ne serait pas aux autres médecins de prendre la main d’un confrère en situation délicate. Or, la médecine est un métier difficile, source de surcharge, de tensions, parfois de tentations, susceptibles de déstabiliser le praticien. Il importe alors que ce dernier sache où et comment il peut trouver conseil et/ou soutien.

 

L’autorité de santé publique cantonale, dont j’ai fait partie durant un quart de siècle, est amenée à enregistrer des situations préoccupantes concernant la pratique de tel ou tel médecin. Des questions sont posées par des patients inquiets ou insatisfaits, des incidents sont portés à sa connaissance. Il n'est pour le moins pas agréable et il peut être traumatisant, pour le professionnel, d'être interpellé à propos de faits où sa compétence ou son comportement sont mis en cause, par un patient, par des collègues ou par le médecin cantonal. En ce qui concerne des difficultés de santé, il s'agit par exemple de consommations inadéquates de substances (drogues illégales, alcool) ou d’une problématique psychique. On voit des comportements inappropriés du soignant par rapport au soigné, qui peuvent être liés à la maladie ou au burnout : attitudes surprenantes, colères, brusquerie, ou encore paroles et gestes inacceptables à connotation sexuelle.

 

Le besoin d’agir – Comment ?

Comment établir un filet de sécurité pour ces professionnels qu’on peut dire en danger (par rapport à la qualité de leur pratique – et aux risques possibles pour leurs malades - et à leur réputation)? Comment stimuler des démarches de solidarité et de coaching? Dans l’élaboration d’un dispositif de soutien, la corporation - au meilleur sens du terme - est à  mon avis la mieux placée. Ainsi la FMH dans un cadre tel que le réseau ReMed susmentionné, les sociétés cantonales de médecine ou celles de disciplines spécialisées ; une vocation traditionnelle des associations professionnelles est d'assister les membres en difficulté. De plus, peut-être faut-il que, en général, les médecins - et d’autres professionnels - soient sensibilisés à l'idée que, pour chacun, les soucis graves, professionnels ou personnels, psychologiques ou physiques, cela peut arriver. Et que dans un tel cas il est légitime et souhaitable de se tourner assez tôt vers une ou des personnes de confiance.

 

 

19:09 Publié dans Médecine | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.