28/04/2007

La nature au printemps et tôt le matin

Me suis levé aux « matines sonnantes » et même avant samedi dernier et aujourd’hui 28 avril. Il y a une semaine, c’était pour une randonnée annuelle au-dessus de Montreux (Cergniaule – Molard – Soladier –Cergniaule). Un ami proche de la nature m’y a introduit il y a plus de dix ans. Ceci pour - tenter de - voir des petits coqs de bruyère (tétras-lyre – sont moins en danger de disparition que les grands tétras); les mâles à cette  époque de l’année font leur parade en vue de s’attirer les bonnes grâces des poules. Lever avant 4 h.  Montée d’une bonne heure depuis le parking, d’abord dans la nuit. Quand on a entendu une fois le roucoulement typique des petits coqs dans les sapins, plus ou moins fort, plus ou moins proche, on le reconnaît de suite. S’agissant d’observer ces volatiles, c’est une autre affaire. L’année dernière a été heureuse à cet égard pour moi: en différents endroits, ai vu trois coqs (noirs, avec un sourcil très rouge) et une poule (brun-gris clair, glousse de manière similaire à une poule ordinaire). Il y a une semaine, vu un seul, en vol. Mais dans le grand calme des Préalpes printanières, avec encore des champs de neige, leurs roucoulements sont une vraie compagnie, dans une nature dont on touche du doigt (de l’oreille) une facette sauvage. S’agissant de voir la véritable danse/parade, j’en ai eu l’occasion une seule fois - mais je ne suis qu’un modeste amateur.
Ces petits coqs se font en hiver des abris dans la neige, des iglous. Quand on passe au printemps, le toit de ces derniers s’est effondré, laissant des cuvettes régulières dont le fond est joliment (vraiment !) couvert de selles accumulées, bâtonnets secs brun-jaune. A part ça, traces de renards, de lièvres, d’écureuils. A l’aurore,  on voit parfois – magnifique – les silhouettes d’un groupe de bouquetins sur la crête du Vanil des Artses, se profilant devant le jour qui se lève à l’Est – j’en ai une fois compté septante. La semaine dernière, eu le plaisir de rencontrer une dizaine de chamois se délectant d’herbe fraîche, vers 1350 m.
Ce matin, promenade dans les bois de Pampigny, où je trouve par hasard et avec grand plaisir mon confrère le Dr François Burnier, remarquable connaisseur de l’ornithologie et de la nature en général, conduisant quelques amateurs. Belle forêt toute pleine de chants d’oiseaux qu’il identifie avec précision, avec force détails sur leur mode de vie. Très bonne surprise : au bord du chemin, sur une branche de hêtre à 5 mètres du sol, découverte d’une jeune chouette, apparemment dans son sommeil diurne, que notre conversation n’émeut pas. En lisière de forêt, un sanglier qui s’enfonce vite dans le taillis. A noter encore : allant à Pampigny, observé une nichée de sept renardeaux - d’à peine 20 cm. de long - qui s’amusent dans la nuit au bord de la route (fort passante de jour !). D’autres personnes, aussi en venant, on vu un blaireau et des renards.
Qui dit qu’il n’y a plus de faune sauvage chez nous ? Il y a lieu de se lever tôt mais cela en vaut la peine.

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27/04/2007

A propos de nanotechnologies... de mariages entre l'inerte et l'humain

Les nanotechnologies font beaucoup parler. S’il paraît certain qu’elles présentent des potentiels majeurs, les avis divergent sur les risques que ces développements peuvent faire courir (mon collègue député André Châtelain, pour qui j’ai de l’estime et de l’amitié, pense que ces craintes sont surfaites). A cet égard, intéressante lecture dans la Revue médicale suisse (Genève), du 18 avril 2007, sous la plume de J.-Y. Nau commentant deux ouvrages récents sur le sujet. Quelques éléments : « Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, un dialogue entre le cerveau humain et des réseaux électroniques est bel et bien en train de devenir une réalité » ; dans les recherches actuelles, « la frontière est parfois ténue entre la visée thérapeutique et d’autres objectifs : normaliser les individus, augmenter l’humain… » . Augmentation de l’humain qui va dans le sens de ceux qui parlent de transhumanisme, d’aller au-delà de ce que nous sommes depuis des dizaines de milliers d’années, vers un être humain amélioré, un surhomme… « Mais quid, au final , de ces mariages entre l’inerte et l’humain, entre science et conscience », dit Nau.
Il cite un journaliste scientifique du Monde : « Les puces radio-communicantes laissent entrevoir une société dans laquelle, à tout moment, il sera possible de contrôler les plus intimes détails de la vie privée des citoyens ». On frissonne un peu…Et d’évoquer à propos de ces puces, de ce que pourrait permettre les nanotechnologies, l’émergence de « Small Brothers » (petits frères) (de very small brothers !), par analogie au Big Brother du fameux "1984" de George Orwell - on pense aussi bien sûr au "Brave New World" de Aldous Huxley. Un Monde Nouveau qui ne cessera sans doute pas de nous étonner – quant à moi, s’il ne fait que nous étonner, ce ne sera pas trop grave.
Un de mes maîtres américains de santé publique nous disait il y a plus de 30 ans « There is a great future for complexity » (la complexité a un grand avenir). Qui peut en douter ?

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21/04/2007

Destituer George W. Bush ? Bravo au Sénat du Vermont !

 

 

Hier vendredi, entendu sur une chaîne française que le Sénat de l’Etat du Vermont vient de demander, par 16 voix contre 9, qu’une procédure de destitution (impeachment) soit ouverte à l’encontre de George W. Je connais bien les Etats-Unis (y ai étudié une année, y vais une fois par an rendre visite à la famille d’un de nos fils et je suis la vie du pays, au plan sociétal, politique et même littéraire), et j’attendais depuis longtemps qu’une personnalité d’envergure ou un média significatif dise que le Président actuel est à l’évidence bon à destituer. Et que ce serait une œuvre de raison et de salubrité publique planétaire.
Mais on sait le terrorisme intellectuel (dit patriotique) qui s’est abattu sur le pays après le 11 septembre. Tout doute quant à l’excellence des orientations du Président et de son entourage conservateur extrême – et qui se proclame « chrétien » (là vraiment, il faut le faire, mais l’espace ne permet pas de détailler cette énorme invraisemblance) - était immédiatement et sévèrement taxé d’anti-américanisme. Ce qui explique qu’il ait fallu autant de temps pour que les démonstrations – au reste éclatantes - des mensonges, des arrogances, des fautes politiques grossières, pénètrent la conscience de suffisamment de citoyens. Pénètrent et fassent renaître assez de lucidité pour qu’on ose dire que « L’Empereur est nu » (que George W. est mad – cinglé et obtus).
Quelle fraîcheur bienvenue, donc, que cette déclaration du Sénat du Vermont. La commentatrice TV d’hier relevait que le Vermont est un petit Etat, et de la Nouvelle Angleterre (région considérée par les fidèles du Président comme politiquement insupportable et irrécupérable à cause de son libéralisme – au sens américain du terme, à savoir, progressiste, ouverte, différenciée). Ce  serait évidemment mieux si c’était le Texas qui demandait l’impeachment ! Il reste qu’il n’est certainement pas anodin qu’une Chambre parlementaire d’un des 50 Etats de l’Union émette une proclamation aussi « lèse-Président » que celle-ci.
Pour ma part, je n’ai pas voulu désespérer du bon sens pragmatique et de l’intelligence coutumières de ce grand pays, malgré la camisole de force idéologique que lui a taillé l’équipe Bush-Cheney et les autres (voir les menus ennuis en ce moment de Paul Wolfowitz, ancien Ministre adjoint à la défense puis téléguidé à la Banque mondiale…). Le réveil du coma collectif a été très long mais ne boudons pas aujourd’hui notre plaisir. Vive le Sénat du Vermont !

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