22/05/2007

A propos de Paul Wolfowitz

 


La tempête autour de Paul Wolfowitz, président de la Banque mondiale qui a été contraint de démissionner au 30 juin prochain au vu des faveurs accordées à son amie, serait tragicomique si elle ne portait pas gravement atteinte à la capacité d’action de la Banque. L’appui inconditionnel dont il a bénéficié jusqu’au dernier moment de la part de George W. Bush n’étonne pas dans la mesure où aujourd’hui deux tiers de citoyens étatsuniens considèrent que ce dernier est entêté et n’écoute pas - et a très mal géré le problème irakien. Wolfowitz quant à lui alléguait qu’il n’avait pas veillé personnellement aux conditions de départ de son amie.

 

C’est l’occasion de rappeler que, et ceci de manière éclatante à un haut niveau de responsabilité, l’excellence des intentions ne saurait en aucune manière excuser les conséquences catastrophiques des décisions prises. Cela s’applique particulièrement au Président des Etats-Unis et à nombre de ses protégés. On a voulu (avec des buts que soutenait la majorité des Américains) combattre des régimes dictatoriaux, convertir le monde aux valeurs démocratiques, défendre hautement les valeurs chrétiennes. A propos de beaux objectifs comme ceux-ci, on connaît la formule familière “Who could be against motherhood ?” –  personne ne saurait être contre le fait de devenir mère. Résultat, à la tête de l’Etat le plus puissant, une équipe idéologiquement aveuglée a mis le monde dans la situation de crispation généralisée (l’expression est faible) que nous connaissons actuellement. Du Département de la défense dont il était le No 2, M. Wolfowitz est arrivé à la  Banque… plein de bonnes intentions. L’épisode d’une compensation financière qui en soi ne mériterait pas tant d‘attention illustre comment les intentions deviennent perverses quand elles sont coiffées par un système « tunnelisé » sur des credos irréalistes, convaincu d’être dans le seul vrai. C’est un tel système qui a rendu possible le scandale actuel, même si M. Wolfowitz n’en a pas réglé les détails. Et ce n’est pas une consolation adéquate que de voir qu’il paie pour cette suffisance.

 

23:42 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.