31/05/2007

Dopage II - Eloge de la transparence ou incitation à des conduites professionnelles prohibées?

 

 

En rapport avec mon billet d’hier sur le dopage, on peut recommander la lecture du courrier de lecteur, dans 24 Heures de ce jour, du Dr S. Vecerina, chirurgien lausannois connu, à propos de son confrère Blanc (24 Heures du 23 mai). Le Dr Vecerina a de longue date son franc-parler et son propos le confirme. Qu’on en juge : « Parmi les médecins ‘dopeurs’, le Dr Daniel  Blanc a été le seul à agir à visage découvert et le seul à assumer le suivi de sportifs dans un monde de compétition où la privation des produits dopants signifie l’échec. Merci à lui, et bravo pour son dévouement à la médecine du sport, ses compétences et son courage ».

 

Déclaration pour le moins intéressante, non ? A propos de quoi on peut suggérer        quelques questions qui paraissent pertinentes :
-         Le Dr B. peut-il reprendre à son compte les catégoriques déclarations du Dr V. ?  A vrai dire, ceux qui se préoccupent ici de médecine sportive ont été amenés au cours du temps à penser que, quant aux faits (pas forcément quant à l’appréciation de dévouement !), les propos du Dr V. correspondent pour une bonne part à la réalité.
-         Le Dr B., très connu dans les milieux sportifs, a souvent tenu des propos minimisant beaucoup le caractère nuisible et illicite du dopage, voire s’est fait l’avocat de sa pratique « régulée ». Toutefois, à ma connaissance, il a toujours nié avoir passé à l’acte, avoir aidé des athlètes dans ce sens… Est-il susceptible d’en dire plus aujourd’hui ?
-         Que pensera de la lettre du Dr V. le tribunal qui a levé la sanction disciplinaire infligée au Dr B. par l’autorité chargée de surveiller la pratique de la médecine dans notre canton ?
-         On attend des professions libérales, telles que la médecine, le respect d’une certaine déontologie (morale professionnelle, incluant le respect du cadre légal) et d’une certaine éthique. Le fait pour un médecin d’affirmer hautement qu’il y a du dévouement et du courage dans la pratique de gestes prohibés suscite-t-il des remarques ; si oui, de la désapprobation ou des applaudissements ?

 

Je réalise pleinement, primo, que la question du dopage est complexe et, secundo, que la société d’aujourd’hui n’en a plus guère à « cirer » des doctes avis d’anciens moralisants, comme je le suis peut-être. Il n’empêche que la banalisation et même l’apologie du dopage, dont on a ici un épisode non négligeable, laisse songeur.

 

17:32 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

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