30/06/2007

Certificats médicaux, pour tout et pour rien...

Je reçois, par un système de courriel qui permet à un confrère de s’adresser à l’ensemble des médecins romands, le message suivant :

 

« Il fut un temps où notre fonction principale était, je crois, de protéger nos patients.

 

Lorsqu'ils tombaient malades nous rédigions parfois des certificats médicaux pour attester qu'ils ne pouvaient se rendre à leur travail ou effectuer une certaine  tâche. Par un glissement pervers, la société d'aujourd'hui nous demande notre expertise pour attester...de la bonne santé de l'homme.

 

Nous voilà donc en train de rédiger pour le fitness, le club de golf, l'agence de voyage, l'école privée, les nouveaux employeurs de tous genres, des certificats médicaux de bonne santé physique et psychique. 

 

C'est grave, non seulement parce que ce n'est pas dans nos fonctions de base d'attester de la bonne santé, mais surtout parce que l'on nous oblige (et nous ne résistons pas) à intervenir au coeur de la vie du citoyen pour attester de sa normalité. Nous voilà au service de  l'eugénisme ».

 

 

Pertinente inquiétude. Ce n’est pas d’aujourd’hui que l’on craint une médicalisation généralisée de la vie de la collectivité et de ses membres. Bien sûr, il ne peut guère être question dans la société d’aujourd’hui de faire sans attestations médicales dans un certain nombre de circonstances. Y compris parce que dans plusieurs domaines existent des dispositifs d’assurance basés sur la mutualité, et que c’est alors une responsabilité importante de faire en sorte que les moyens soient alloués aux bénéficiaires de manière appropriée et équitable.

 

 

Il reste que le corps médical a raison quand il montre sa réticence, voire son opposition, à devoir (alors même qu’il n’est pas toujours adéquatement placé pour le faire) porter des jugements sur toutes sortes d’éléments de la vie de nos semblables, et apporter ainsi des justifications et légitimations les concernant vis-à-vis d’instances multiples et diverses.

 

 

17:27 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

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