04/07/2007

Irak -Qui dresse le compte global des morts?

 

Phrase que je tire d’un billet de Bertil Galland, gentleman de l’édition et du journalisme romands, peu susceptible au demeurant d’anti-américanisme simpliste, qui discute la manière dont l’Administration Bush rapporte à l’opinion les pertes de la guerre qu’elle a voulue en Irak.

 

En effet, elle s’est toujours montrée d’une grande discrétion, s’agissant de dispenser des chiffres crédibles quand aux multiples effets directs et collatéraux de ce conflit, y compris notamment les morts "non violentes", mais "simplement" de malnutrition, infection en principe facilement traitable, ou de manque de soins, dans les populations vulnérables - femmes et enfants au premier chef (on se souvient aussi que, dans les premiers temps de la guerre, il était interdit aux médias U.S. de montrer des images des cercueils revenant au pays). Restriction mentale soigneusement organisée, illustration de la manière dont, outre-Atlantique ces dernières années, le mensonge d’Etat a été porté à son plus haut niveau.

 

Bertil Galland mentionne des « investigations dignes de crédit qui estimaient ces pertes, après trois ans et demi de guerre (en septembre 2006), entre 400'000 et 800'000 morts ». A rapprocher de l’article de la très respectée revue médicale anglaise The Lancet qui, il y a plus d’un an, parlait d’une casse de l’ordre de 650'000 victimes. Et le désastre, bien entendu, ne fait que croître en intensité. On se désole bien sûr pour les plus de 3'000 GI’s américains tombés au front et pour leurs familles. Mais qui se préoccupe vraiment de ce que, pour chaque soldat U.S., ce sont 200 autres personnes qui perdent la vie ?

 

Dans une conversation récente avec un résident des Etats-Unis, ce dernier rappelait que, si la majorité du public états-unien laisse faire, ou en tout cas a beaucoup trop longtemps laissé faire, c’est lié de manière majeure au fait que l’armée est maintenant professionnelle, formée de volontaires. Qui sont recrutés de manière principale parmi ceux qui n’ont que peu de chances de réussir dans la vie civile et professionnelle : défavorisés divers, avec une sur-représentation des minorités ethniques. Bien peu de fils de sénateurs et Congressmen, financiers, capitaines d’industrie, vedettes de l’art ou de la scène… Triste.

 

 

 

 

09:28 Publié dans Monde | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.