08/08/2007

Toit du Monde et Route de la Soie - Lettre à mon petit-fils (II)

 (N.B.: Colin vit dans le New Jersey)

Je reviens à mon propre voyage : nous étions un groupe de 11 personnes, avec un guide français sympathique et qui savait beaucoup de choses sur les peuples de l’Asie centrale et leur histoire ; y compris sur les grandes invasions de nomades qui, à plusieurs reprises au cours de l’Histoire, sont venus jusqu’en Europe : des dizaines et centaines de milliers de cavaliers balayant tout sur leur passage… Attila au 5e siècle après Jésus-Christ, Gengis Khan au 13e siècle. Tamerlan au 15e  notamment.
D’abord, nous avons volé de Paris jusqu’à Doha, au Qatar (dans la péninsule arabique), puis de là à Islamabad, capitale du Pakistan – pays agité actuellement par des troubles politiques, mais pour notre part heureusement, nous y avons trouvé des gens tout à fait amicaux et tranquilles. Nous avons visité des ruines et des musées, qui nous renseignent sur ce qui existait dans le passé, sur la manière dont les gens vivaient, dont ils mangeaient, cultivaient la terre, construisaient des maisons et d’autres monuments, quels dieux ils adoraient. C’est toujours très intéressant l’Histoire, j’espère que tu seras du même avis quand tu l’étudieras à l’école.
Puis, nous avons volé d’Islamabad à Kashgar, une ville et un marché très important de la Route de la Soie, un « nœud », à l’extrême ouest  de la Chine - Sinkiang. Quand on venait de Chine, c’est après Kashgar qu’on devait passer les hauts cols du Pamir, du Toit du Monde. Et quand on venait d’Europe, on avait fait l’essentiel quand on arrivait à Kashgar; même s’il y avait encore un grand désert, le Taklamakan, qu’il fallait contourner avant d’arriver en Chine proprement dite. Nous y avons vu un grand marché aux animaux : chèvres, moutons, vaches, chevaux, ânes, qui était spectaculaire – Dimitri et toi auriez été très intéressés. Pas dans ce marché de chameaux et de yacks (le yack est une sorte de vache qui vit et se plait en haute montagne, à 4'000 m. et au-dessus), mais nous en verrons beaucoup durant notre marche. Je note que le yack est le seul animal qui peut avancer avec des charges quand il y a beaucoup de neige (disons, plus de 30 ou 40 cm.) ; ils devaient donc parfois remplacer les chameaux dans les caravanes.

Ensuite, nous avons entrepris, le 17 juillet, une marche à pied de 11 jours qui nous a fait tourner autour d’un haut sommet du Pamir chinois, le Mustagh Ata - ce nom veut dire la Montagne-Mère (ou Père) couverte de glace. C’est effectivement un immense dôme de glaciers, magnifique. Le Mustagh Ata culmine à 7546 m. et son voisin, le Kongur, que nous voyions aussi très bien, à 7719 m. (à la fin du trek, nous sommes passés par le camp de base du Kongur, vers 4900 m. – un camp de base est l’endroit où les alpinistes se préparent pour partir  à l’assaut d’une montagne ; pour notre part, nous ne sommes pas allés plus haut !). Nous marchions  dans de hautes vallées, passant de l’une à l’autre par des cols à près de 5000 m. C’est un peu drôle parce que c’est l’altitude de la  plus haute montagne d’Europe, le Mont Blanc – que l’on voit depuis Morges. A ces altitudes, certaines personnes ont de la peine à souffler ou peuvent même souffrir de mal des montagnes (je t’expliquerai pourquoi si tu veux).

(à suivre)

12:43 Publié dans Monde | Lien permanent | Commentaires (0)

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