15/08/2007

Toit du Monde et Route de la Soie - Lettre à mon petit-fils (III)

Nous marchions environ 5 heures par jour, c’était assez astreignant. Avions avec nous 15 chameaux (!) pour porter notre matériel et notre subsistance. En plus du guide français, nous avions un guide local sympathique nommé Wuarap, cinq chameliers et deux cuisiniers. L’avantage d’avoir des chameaux, c’est que si l’un de nous était trop fatigué, il pouvait monter sur un chameau qui le transportait. Deux personnes en ont profité, si je me souviens bien. Dans l’après-midi, nous montions nos tentes (comme la tente sous laquelle nous avons dormi une fois tous les deux, dans notre jardin ici, l’année dernière) ; nous nous reposions, nous lisions, discutions entre nous et avec les habitants du lieu. En général, en effet, nous nous arrêtions dans un petit village, plutôt un hameau : quelques maisons en terre battue, parfois de grandes tentes de feutre qu’on appelle yourtes, avec quelques dizaines de personnes. Ni routes, ni voitures, ni téléphone, ni télévision. Pratiquement pas de choses modernes donc - à l’exception parfois de panneaux solaires sur le toit des maisons, ce qui faisait un peu d’électricité et permettait d’avoir de la lumière le soir.
Bien que nous ayons été en plein été, il ne faisait pas trop chaud à ces hauteurs, c’était agréable. Mais, à deux reprises, nous avons trouvé de la neige dehors en nous réveillant le matin et il faisait froid. Puis la neige fondait dans la journée.
A part les animaux domestiques, il y avait beaucoup de marmottes. Celles de là-bas sont jaune-brun alors que dans les Alpes elles sont gris-brun. Elles crient quand elles nous voient arriver puis se cachent dans leurs terriers (comme vos groundhogs).  Il y a dans ces régions un bouquetin (ibex siberica) ; nous n’en avons pas vu mais, par contre, avons trouvé sur le chemin à plusieurs reprises de belles cornes de ces bouquetins (peut-être les avaient-ils perdues en se battant ou parce qu’ils avaient été attaqués par un autre animal, je ne sais pas). Avons observé de grands oiseaux de proie, l’aigle et le gypaète barbu. Le gypaète est un vautour qui se nourrit d’animaux morts, il peut même manger leurs os : pour cela, il monte haut dans le ciel et laisse tomber les os sur des rochers où il se cassent, ce qui permet à l’oiseau de manger la moelle à l’intérieur de l’os. Quelques couples d’oies du Tibet, qui ressemblent aux oies du Canada qu’on voit chez vous. Aussi des perdrix/cailles des neiges et passablement de petits oiseaux, certains aux belles couleurs. Quelques lièvres. Quelques lézards. Et puis bien sûr des troupeaux de yacks, de chèvres et de moutons. Et des fleurs : pas toujours mais tout d’un coup, à certains endroits, on trouvait un tapis coloré et diversifié de fleurs des montagnes. Ici et là, beaucoup d’edelweiss ! Pas d’arbres à ces altitudes.

10:38 Publié dans Monde | Lien permanent | Commentaires (0)

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