01/09/2007

Un peu de courage! Nommons M. Blocher ancien conseiller fédéral

 


Dans Le Temps du 27 août,Claude Torracinta parle de pusillanimité devant la modestie (c’est peu dire) des réactions, depuis plusieurs années, des partis bourgeois qu’on pourrait dire décents devant les dérives de l’UDC et de ses figures de proue, dont l’une pourrait être un prochain Président de la Confédération. Chez les radicaux dont je fais partie, quelques louables exceptions comme Yves Guisan ; quelques-uns ont le courage de prendre une ferme position publique, par exemple René Jost récemment.  Dick Marty, dont l’engagement à divers égards ces dernières années honore notre pays en illustrant ce qu’il peut avoir de meilleur, a donné une contribution au livre qui vient de sortir sous la direction d’Andreas Gross. Un autre Gross éminent, François, grand monsieur de la presse - qui n’est j’imagine pas radical – s’est exprimé à de nombreuses reprises de manière incisive et tellement pertinente sur le danger que nous fait courir le nationalisme d’extrême-droite.

A son niveau, Pascal Couchepin a montré à plusieurs reprises une vigueur estimable. A part cela, pour diverses raisons, notamment en ce moment pour ne pas mettre en danger des alliances opportunistes, on regarde ailleurs en espérant que l’incendie passe. Or, il ne passe pas, il est alimenté par les réponses de champ de foire de tribuns UDC, y compris de quelques bouches d’or romandes, lorsqu’ils réagissent aux critiques - exprimées à combien juste titre mais faites en général courtoisement parce qu’on refuse de donner dans des outrances verbales comparables. Sorte de déplorable fatalité : il est nécessaire de stigmatiser les manières de ce mouvement mais ce faisant on lui fait de la publicité.

Cela étant : ne pas croire que le pays va « venir en bas » si M. Blocher n’est pas réélu début décembre (malgré la manière dont sans doute on le verra alors rouler les mécaniques). Il y a aura évidemment une certaine animation, elle passera. Pour que ceux qui croient à l’Etat de droit et aux engagements éthiques de longue date de la Suisse puissent continuer à se regarder dans la glace, il faut faire de lui un ancien conseiller fédéral.

10:08 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.