09/09/2007

Un coup de jeune au Jeûne fédéral!

Depuis 50 ans à l’occasion du Jeûne, en Suisse romande, à Bienne et Berne, des personnalités se sont engagées pour rassembler des fonds destinés à des projets de coopération. « Notre Jeûne fédéral » (NJF), dont on m'a demandé il y a trois ans d'être le président romand, fête ainsi son jubilé. Deux mots pour planter le décor : les disparités criantes dans les possibilités de développement - qu’il soit personnel ou national, professionnel ou économique - entre les parties du monde restent une situation inacceptable dont nous portons une part de responsabilité, ce n’est pas de l’auto-flagellation que de le dire. De plus, les enjeux écologiques et climatiques actuels illustrent combien nous sommes tous dans le même bateau.

 

Au début de ma carrière, ma famille et moi avons passé huit ans outremer (Pérou, Inde et Cameroun notamment). Cette période hors d’Europe nous a marqués pour la vie, par l’apprentissage de ce que nos recettes ne sont pas forcément, pour les autres, les « solutions » que nous croyions. Nous avons appris à faire la part des choses et développé un grand respect pour d’autres manières d’être et de faire. Il y a une semaine un Zèbre de Jean-Marc Richard disait, lors d’un entretien avec Alexandre Jollien sur son handicap, « La différence, ça enrichit ». Exact, entièrement d’accord. Ce respect des différences n’est bien sûr en rien une raison de ne pas coopérer : il s’agit, sans paternalisme, d’inventer une « Terre Nouvelle », plus communicante et plus équitable. Difficile mais, d’une certaine manière, nous sommes condamnés à réussir ; cela demande de la lucidité, de l’imagination et un certain courage.

 

On m’a demandé de prendre la présidence de l’action NJF et je n’ai guère hésité. A cause du vif intérêt que j’ai toujours gardé pour l’ensemble de la planète. Parce que je suis un Suisse attaché à notre pays et à ses valeurs qui vont dans le sens de l’humanisme, de la solidarité et du bon sens - le recroquevillement sur notre situation privilégiée serait totalement incapable à mon sens de fournir le souffle et la convivialité que je souhaite à la Suisse de nos petits-enfants. Et puis parce que je crois à la notion de Jeûne fédéral, institué en 1832 - par l’ancienne Confédération ! - comme une journée de pénitence et d’action de grâces (sans qu’il faille y voir une connotation confessionnelle). Aujourd’hui, dans la prospérité que connaît la plus grande partie de notre population, il paraît judicieux et nécessaire de revivifier le sens du Jeûne, raison pour laquelle NJF propose à nos concitoyens de faire un geste d’aide à cette occasion.

 

Nous rassemblons ces ressources pour les confier à quatre organisations partenaires, Action de Carême, Helvetas, Pain pour le prochain et Swissaid, tout en voulant aussi contribuer à une meilleure information et sensibilisation sur les relations Nord-Sud et l’avenir de notre monde. Et bien sûr nous sommes très sensibles aux marques de confiance de celles et ceux qui nous soutiennent, aussi modestement cela soit-il - et osons penser que cette confiance est bien placée. Sans doute NJF n’est-elle qu’une action parmi d’autres, grandes et petites. Mais elle a une dimension symbolique spécifique et il importe qu’elle existe.

 

 CCP 17-625004-1 - Notre Jeûne fédéral, 1000 Lausanne

 

 

 

21:48 Publié dans Monde | Lien permanent | Commentaires (0)

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