18/09/2007

Prescription de cheval pour la survie de la planète?

 

 

 

J’étais il y a quelques jours à Zurich, pour la Conférence annuelle de l’Association européenne des centres d’éthique médicale, rassemblant des spécialistes de toute l’Europe. La prise de position à cette occasion de Richard Nicholson, rédacteur en chef du Bulletin of Medical Ethics, auteur réputé, a le mérite d’interpeller. S’exprimant sur le thème « Justice et changement climatique », il a affirmé :

 

« Si nous nous efforçons de réduire l’importance du changement climatique et de réduire le nombre de morts humaines qui en résulte (morts qui seront de manière très majoritaire dans les pays en développement), le principe de justice exige que les pays riches procèdent aux plus grands changements dans leurs modes de vie. Ces derniers toucheront chaque élément de notre existence et demanderont  des modifications majeures dans la mise à disposition de services de santé. Mon exposé entend montrer que, grosso modo dans les 20 ans à venir, les pays riches devraient envisager de :
-         fermer tous les hôpitaux et s’en remettre uniquement aux soins de premier recours,
-         cesser les efforts visant à prévenir les épidémies, dans la mesure où ces dernières représentent la manière la plus simple et la moins douloureuse d’arriver à la nécessaire réduction de la population mondiale,
-         mettre hors la loi toutes les méthodes de procréation médicalement assistée, puisque plus de monde est le pire qui puisse arriver.

 

Le paradoxe apparent est que plus nous nous attachons à maintenir en vie des humains individuels, plus il devient probable que l’espèce humaine ne survivra pas. »

 

C’était une réunion scientifique tout à fait sérieuse… Il est certain toutefois que le Dr Nicholson s’est laissé aller à un certain humour (cynique) britannique - et pas dans le sens de ce qu’on appelle British understatement -  à savoir euphémisme. Cela étant, aussi provocant que soit son propos, préfigurerait-il caricaturalement certaines des choses qui nous attendent?

 

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