23/10/2007

Urgent - Une fusion de bon aloi

 

Plus possible de faire comme d’habitude en politique suisse. A cause des coups de boutoir d’un parti qui met au panier plusieurs règles du jeu et cultive des manières rejetantes de groupes désignés comme les « pelés d’où vient tout le mal ». Et, avec un bon quart de l’électorat du pays, il y a un effet de masse en faveur de l’UDC. C’est là un premier point en faveur du rapprochement (sans délai) et de la fusion (dès que faisable) des partis bourgeois - libéral, radical et PDC - qui n’entendent pas donner de routine dans la provocation et la fermeture. Une fusion durant la prochaine législature, évoquée par certains, paraît optimiste notamment à cause de spécificités cantonales, mais rien n’empêche de ne pas mettre les deux pieds dans le même soulier !

 

La fondation ainsi du plus grand parti de Suisse (près de 35% de l’électorat) serait dynamisante, rajeunissante, sur les militants et la vie politique et aurait un effet d’attraction pour les électeurs en général. Un problème aujourd’hui est l’impression que donnent ces partis qu’ils font du sur-place, malgré des programmes novateurs mais ressentis comme conventionnels (pourtant, les grands objets de la politique ne peuvent tellement changer). Créer l’évènement en nous réunissant aura une réelle dimension motivante.

 

Un mérite de la fusion sera de cesser de perdre temps et énergie à des controverses engagées par tactique, parce qu’il faut émettre un avis différent, dans les législatifs et sur la place publique. Cela demandera des changements d’habitude et une capacité d’oubli. Je suis favorable à cette réunion mais devrai néanmoins parfois respirer profondément par le ventre… Radical du centre, j’ai été critique de telles positions de nos cousins, sur des sujets sanitaires et sociaux ou à propos du soutien à accorder ou pas au gouvernement - je n’ai jamais aimé des propositions tendant à « affamer l’Etat », qui doit pouvoir assumer correctement ce qu’on attend de lui.

 

Quant aux programmes, je ne doute pas que des solutions seront trouvées, au prix d’un élargissement de l’éventail des positions. Retrouver un profil large qui a été pendant des décennies celui du parti radical et du PDC dans leurs zones d’influence majoritaire. Une telle dimension « multitudiniste » - au centre-droit - sera à nouveau possible avec un parti deux fois plus grand que ceux dont il est issu. Reste le nom à adopter, qui fera beaucoup parler. Il faudra à mon sens – à regret – ranger « radical » à sa place dans l’histoire, nous ne sommes plus radicaux au sens du dictionnaire. En français, libéral est le bon adjectif (et c’est celui qu’utilisent de plus en plus les Alémaniques). Comment refléter la facette sociale des engagements du PDC et d’une partie des radicaux ? Libéral social ou socio-libéral serait curieux ; on peut ajouter chrétien, serait-ce « mehrheitsfähig » (susceptible de rallier une majorité) ? Mettre alors démocratique, qui est partie de l’identité des trois. Au plan du sens des mots, l’issue adéquate pourrait être libéral démocrat(iqu)e. Est-elle susceptible de surmonter les anciens émois et antagonismes de nos histoires respectives?

 

23:18 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)