30/11/2007

Interprétariat communautaire - Très intéressante table ronde à Appartenances

 

 

 

Vendredi 30 décembre, réunion de qualité à l’occasion des dix ans du Service d’interprétariat communautaire d’Appartenances. Je rappelle que cette association offre depuis une quinzaine d’années, à Lausanne, Vevey et Yverdon, un éventail de prestations à l’intention des personnes venues d’ailleurs. Dans des registres divers : consultation psychothérapeutique, formation élémentaire des adultes et formation continue de professionnels, promotion, animations et soutiens divers (espaces de rencontre), cours (couture etc.)…

 

Une activité importante de l’association est la formation et la mise à disposition d’interprètes communautaires, depuis 10 ans. Ces derniers sont sollicités principalement dans les domaines de la santé, de l’éducation et du social, à l’intérieur d’Appartenances comme à l’extérieur (établissement scolaires parmi d’autres). Durant la dernière année, il s’est agi de 16’500 heures d’interprète. La rencontre du 30 novembre avait pour point central une table ronde, sur le thème « L’interprétariat sous toutes ses formes » ; avec la participation d’une interprète communautaire, d’une interprète de conférence, d’une médiatrice en gestion de conflit et d’une interprète en langue des signes (à l’intention de personnes sourdes). Ce qu’a dit cette dernière en particulier a été une découverte pour beaucoup des auditeurs. La Fédération suisse des sourds, dont des responsables étaient présents, a eu l’occasion de faire état de ses activités  et de ses préoccupations.

 

Il est apparu que les questions qui se posent en matière d’interprétariat, si elles ont bien entendu des spécificités en fonction des différents contextes évoqués, ont aussi des dimensions substantielles communes. Par exemple en ce qui concerne les principes déontologiques, notamment la fidélité, le secret professionnel et la neutralité.

 

L’interprétariat communautaire s’est surtout développé dans le passé récent. En Suisse, l’association Interpret  regroupe les personnes formées, qui viennent de passer le nombre de 500. Il existe aussi une organisation  au niveau international, Critical Link.

 

Pour en savoir plus, visitez le site www.appartenances.ch.

23:17 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

26/11/2007

Tests génétiques chez des migrants (II)

 

Suite – voir inclusion au présent blog du 21 septembre
Utile « Mise au point » dimanche 25 au soir sur TSR 1 à propos de ces tests, dont on parle aussi chez nous suite aux débats vifs liés à la loi passée il y a peu par le Parlement français - avec toutefois, dit la presse hexagonale, quelques garde-fous qui en limiteraient les possibles utilisations délétères… (?). A noter aussi que le Comité consultatif national d’éthique français, institution éminente, a émis (en urgence) un Avis à ce sujet exprimant de fortes réserves.
Selon l’enquête de « Mise au point », qui décrit notamment deux situations qui posent question dans des familles résidant chez nous, il s’avère que la possibilité de ces tests existe bien en Suisse, depuis une directive de l’ODM (Office fédéral des migrations) de 2004. Ce qui mérite d’être noté c’est que cette directive n’a trouvé de base légale que dans la loi fédérale sur l’analyse génétique humaine entrée en vigueur en 2007… Surprenant, non, dans notre impeccable Etat de droit ? Et elle s'applique seulement aux ressortissants d'une trentaine de pays, presque tous africains. Il y a, nous apprend-on, environ 40 tels tests par an concernant des dossiers de migrants potentiels et ces tests ne sont faits que sur une base volontaire. Mais… le refus du test entraînerait la non-entrée en matière sur la demande. Intéressante façon de voir l’autonomie de la personne ou de ses représentants légaux : vous n’êtes pas obligé de faire l’examen mais si vous le ne faites pas on ne s’occupe plus de vous.
Le Bulletin des médecins suisses publie le 21 novembre un article sur le sujet (page 2022). Le thème reste d’actualité.

25/11/2007

Drogues: du bon sens, pas des croisades !

 

Une étude de l’équipe du prof. P.-A. Michaud, du CHUV, suscite une nouvelle poussée des controverses à propos du cannabis. Les idéologues s’en donnent, semant plus de bourrasques que de clarté et peinant une fois de plus à comprendre que la vie et les choses ne sont jamais simpl(ist)es. A titre d’illustration, merci de considérer les formulations qui suivent dont j’ose affirmer, après une carrière de santé publique, qu’elles sont toutes  vraies - même si elles ont parfois l’air contradictoires. Et que l’important est, du mieux qu’on peut, de les concilier :

 

 

A propos de cannabis : fumer un joint une ou deux fois par mois n’est généralement pas un problème (voir l’étude du prof. Michaud et l’expérience de centaines de milliers de Suisses depuis 40 ans) ; la consommation de cannabis peut mener à des formes de dépendances et à des troubles psychiatriques, comme plusieurs substances légales; il importe, pour le cannabis et les autres, d’oeuvrer plus activement par la prévention, le traitement, et la répression quand cela se justifie; en particulier, l’usage de tous ces produits doit être strictement proscrit chez les enfants et jeunes adolescents (l’âge est un facteur d’importance); il est inadéquat de vouloir distinguer complètement, dogmatiquement, le traitement par la société des substances illégales de celui des légales 

 

A propos de tabac : un décès sur sept à huit, en Suisse, est lié à la consommation de tabac (impressionnant, non ?) ; il n’est pas raisonnable de vouloir interdire aux tabagiques de fumer dans leur boudoir personnel ou à l’air libre ; le droit d’une personne d’enfumer son entourage est beaucoup moins fort que celui de l’autre de ne pas être enfumé ; en particulier, il est très mauvais (inacceptable à mon sens) qu’une femme enceinte fume ou que des parents vivant avec de jeunes enfants fument ailleurs que sur leur balcon (dans les deux cas, les rejetons en souffrent sérieusement) ; il est éthiquement dramatique que les multinationales du tabac, au vu des contraintes qu’elles rencontrent au Nord, jettent massivement leur dévolu sur les pays du Sud.

 

A propos d’alcool : le vin réjouit le coeur de l’homme et il est scientifiquement démontré que la consommation de deux verres de vin par jour est favorable à la santé ; les boissons alcooliques font des ravages, aujourd’hui encore, chez tant de personnes et de familles et il faut prévenir et agir contre la consommation excessive d’alcool ; l’efficacité des moyens d’aider les alcooliques augmente.

 

Sur ces sujets il y a dans les deux camps opposés des jusqu’auboutistes. Les croisades des rigoristes alimentent des « guerres » de mauvais aloi, les laxistes sont inconséquents. Pendant un quart de siècle, je me suis engagé avec d’autres pour que soient adoptées des attitudes pondérées et pragmatiques, tenant compte d’une réalité complexe et pas de lubies doctrinaires. Mais le fait est que, quand des groupes de pression tiennent à faire de ces questions des enjeux politiques tranchants au lieu de rechercher les indispensables justes milieux, il est bien difficile de faire prévaloir le bon sens.