11/01/2008

Toutes les morts n'ont pas le même poids...


 L’Organisation mondiale de la santé (OMS) sort un rapport concluant que 151'000 Irakiens sont décédés de mort violente entre le début de la guerre (mars 2003) et juin 2006. Tout en se souvenant que 2007, non comptabilisée dans l’étude, a été l’année la plus meurtrière depuis l’invasion.

 

Ce chiffre OMS est quatre fois moins grand que celui d’une estimation publiée antérieurement dans une revue médicale majeure qui donnait de chiffre de 600’000 morts. Mais il est aussi trois fois plus élevé que l’estimation « Iraq Body Count » d’un institut britannique…

 

Bataille de chiffres… Ce n’est pas nouveau, c’est même systématique depuis toujours quand on parle de gains ou de pertes - de toutes natures - en cas de guerre, suivant le point d’où parle. Opportun toutefois de les évoquer au moment où George W. Bush cherche, dans sa dernière ligne droite (droite ?), à sortir de l’ « insignifiance » (pertinente caractérisation d’un observateur). N.B. : insignifiance extrêmement mortifère…

 

Ce qui laisse songeur c’est aussi la constatation suivante : environ 3'000 personnes sont mortes dans l’attentat de 2001 contre les tours du World Trade Center, soit  - pour le moins - 50 fois moins qu’en Irak durant les trois premières années d’une guerre qui se poursuit. Et si on disait qu’on a parlé 50 fois plus des morts newyorkais, ce serait une très vaste sous-estimation.

 

Pas nouveau non plus de relever que l’importance d’une vie humaine est très différente selon l’être humain dont on parle, selon le pays où il vit et son statut socio-économique. C’est un des tristes faits relevés depuis longtemps au niveau international en termes de santé publique ; c’est évidemment vrai aussi en termes de politique et de respect des droits de l’homme.

10:22 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

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