12/03/2008

Dieu et la pub (au service de la pub de certains…)

 

Sujet qui n’a rien à voir avec mon dernier papier « Jouer à Dieu ? » qui évoquait les enjeux éthiques liés aux avancées de la procréation médicalement assistée. Je veux parler de l’exposition qui sous ce titre va se tenir au Forum de l’Hôtel de Ville de Lausanne du 1er au 12 avril prochain. Un linguiste, Gilles Lugrin, et un pasteur, Serge Molla, ont rassemblé des documents dans lesquels Dieu et des thèmes religieux apportent leur contribution à des démarches publicitaires et commerciales. Différents chapitres : figures du Bien et du Mal, textes et gestes religieux, figures de Jésus, religion et commerce, autres religions, enfin la publicité qu’entreprennent les Eglises pour elles-mêmes - pour promouvoir leurs activités.

 

 

L’expo est associée à un ouvrage des mêmes auteurs, Dieu, otage de la pub ?, qui sort incessamment chez Labor et Fides à Genève, avec 197 publicités célèbres illustrant le choc des valeurs ancestrales et contemporaines (www.dieu-pub.ch).

 

Je n’ai encore vu ni l’exposition ni le livre, mais c’est un exercice stimulant sans doute que de se pencher sur les interactions entre religieux et mercantilisme. Des questions éthiques d’importance se posent. Pour ma part, je supporte mal l’instrumentalisation, sous des formes diverses, de Dieu et des valeurs chrétiennes au profit de buts bien éloignés de l’édification des personnes et de l’enrichissement de leur spiritualité. L’exemple crasse, depuis tantôt huit ans, étant l’invocation constante de Dieu dans les entreprises de l’Administration d’un grand pays ami d’outre-Atlantique, dont le chef a même parlé de « croisade ». Funeste asservissement de la transcendance à des objectifs tout ce qu’il y a de terre-à-terre, de belliqueux, et de mercantile justement (quand on a besoin de s’assurer d’avoir assez de pétrole…). Et je suis aussi mal à l’aise, lors de cultes dans le pays en question, de voir au début du service le pasteur entrer dans l’église en défilant drapeau national en tête. Quel rapport entre les deux, s.v.p. ?

 

Mais je m’éloigne du sujet du moment. Allons donc voir ce que nous suggère - ce que nous apprendra - « Dieu et la pub ». Que je mentionne aussi que le 21 avril à 19 h.30, à l’Espace culturel des Terreaux, un visionnement des publicités exposées fera l’objet d’un débat, avec J. Neyrinck, S. Keshavjee, J.-H. Francfort et les auteurs.

 

Enfin, en rapport aussi avec les activités du registre culturel de l’Eglise réformée vaudoise : connaissez-vous le bar du Sycomore, rue de l’Ale 31 ? Espace à la sympathique ambiance qui va bénéficier des animations qu’organise Rachel, sa nouvelle responsable.

08:28 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

J'espère que ces deux "auteurs-rassembleurs de documents" n'ont pas oublié un des détournements le plus caractéristique: Celui du PDC !... Ce qui est plus drôle, c'est que Monsieur Neyrinck est partie prenante. Il assistera au débat du 21 avril à l'Espace Culturel des Terreaux !

Vive Dieu et la pub engénéral et vive Dieu et la pub politique en particulier.

Écrit par : Père Siffleur | 13/03/2008

Il faut reconnaître un certain talent aux publicitaires pour instrumentaliser un concept impossible à verbaliser...

Écrit par : Rabbit | 13/03/2008

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