30/03/2008

Thérapie par électrochocs - A propos des rapports entre le socio-politiquement correct et la médecine

 

 

La thérapie par électrochocs (dite ECT) « garde l’image d’un traitement barbare et est devenue la cible privilégiée du mouvement antipsychiatrique ». Phrase tirée d’un article de J.-F. Etter et Gilles Bertschy, de la Faculté de médecine de Genève, dans la Revue médicale suisse du 12 mars dernier.  Qui posent avec clarté - et courage - la question du rejet doctrinaire de cette méthode, qui est surtout le fait de milieux non-médicaux convaincus (par exemple par le film de Milos Forman « Vol au-dessus d’un nid de coucou ») que jamais une société civilisée ne saurait utiliser une telle méthode…

 

 

Comme médecin cantonal j’ai eu dans les années 1990 à répondre à des questions critiques, y compris de parlementaires, à ce propos.  Après évaluation auprès des praticiens, qui ont apporté en particulier des témoignages de patients affirmant que, dans leur cas, ce traitement avait représenté un soulagement important que rien d’autre n’apportait, le Département vaudois de la santé a répondu qu’il ne pouvait se justifier d’envisager la prohibition d’une technique qui aide significativement certains malades.

 

 

Extrait de l’article susmentionné : « Actuellement, l’ECT reste bannie dans certaines régions, en particulier à Genève. Pour des raisons historiques ou politiques, des patients sont privés d’un traitement potentiellement efficace, qui pourrait sauver des vies et soulager des souffrances dont l’intensité est souvent sous-estimée (…) Quelques rares patients genevois ont pu suivre ce traitement dans d’autres cantons (faire faire le travail délicat par les autres… - note de J.M.) mais cela n’est maintenant plus possible par manque de disponibilités (…) Il convient de se demander s’il n’est pas temps de rouvrir le débat sur ce traitement et, dans le cadre d’études scientifiques de haute qualité, de tenter de répondre aux questions. Le réintroduire sans précautions, ce serait ouvrir la porte aux abus mais cette crainte justifie-t-elle d’y renoncer totalement ? ».

 

 

 Avec cette remarque encore, pertinente dans le cadre de la planification à envisager au niveau intercantonal : « La thérapie par électrochocs relève du concept de médecine de pointe et son accès en Suisse romande devrait logiquement être pensé comme tel ».

 

 

Bien intéressant, non ? Occasion de rappeler qu’il faut se garder du « prêt-à-penser » biendisant et ne pas entériner sans examen adéquat des affirmations du registre du socio-politiquement correct quant à  l’inutilité ou l’inacceptabilité alléguées de méthodes médicales.

 

 

11:59 Publié dans Médecine | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

Dans le cadre de la psychiatrie il faut rester très vigilant.
C'est le corps de la médecine où il y a le plus de suicides, de mensonges, de condamnations, et d'horreurs.
Les électrochocs resteront toujours une barbarie, et si quelques patients ont été transformés en légumes et ne s'en plaignent pas, il faut aller voir tous les autres patients et les interroger. Que sont devenues leurs facultés intellectuelles ?
C'est facile de dire que les patients sont soulagés quand ils ont déjà été à moitié détruits par d'autres ''soins'' psychiatriques.
Il faut aller aussi se renseigner auprès du Docteur Bregin qui décrit les destructions dues à l'ECT.
Griller la cervelle soulage pêut-être, mais condamne le patient à une vie inerte.

Écrit par : Blanc Jean-Paul | 31/03/2008

une recherche sur les termes peter breggin scientology est effectivement particulièrement édifiante...

Écrit par : zozieau | 31/03/2008

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