01/05/2008

Article constitutionnel santé - Ne pas croire les assureurs « bouches d’or »

La politique ne cesse pas d’être un sujet d’émerveillement, si j’ose dire, de vraies surprises. Ainsi à propos de la votation du 1er juin prochain sur l’article constitutionnel 117a : cela ne laisse-t-il pas songeur de voir sur annonces et affiches les camps opposés des promoteurs du oui comme du non affirmer avec vigueur que voter comme eux, c’est garantir pour l’avenir le libre choix des citoyens en la matière (choix de leur médecin, de leur caisse, des soins dont ils bénéficieront- choix qui, merci, existent actuellement).

 

 

Intéressant non ? En fait, l’objectivité (mais c’est une des dernières choses qui compte en politique) invite à reconnaître que cet article est assez acratopège, ce qu’a admis notre Ministre de la santé Pascal Couchepin, laissant entendre qu’il n’est à vrai dire ni pour ni contre, bien au contraire ; soutenant ainsi cet article comme la corde soutient le pendu.

 

 

Quoi qu’il en soit, la raison et la prudence demandent de voter clairement NON. Je cite un billet dans la Revue médicale suisse du 30 avril du Professeur Alexandre Mauron, directeur de l’Institut d’éthique biomédicale de l’Université de Genève. Personnalité marquante, un enseignant qui sait donner à ses auditeurs l’impression qu’ils sont, eux les auditeurs, intelligents… Grande qualité chez un pédagogue ! Extrait de son propos : « Par la grâce bienveillante de la Concurrence et du Marché, nous vivrions dans le meilleur des mondes possibles… Dans le domaine des soins de santé comme dans d’autres, croire à l’harmonie préétablie que la concurrence institue comme par magie est une illusion colossale et meurtrière. C’est oublier que la santé n’est pas une marchandise… Signer un chèque en blanc aux caisses maladie, c’est lâcher la proie pour l’ombre. C’est vendre  les droits du citoyen pour un plat de lentilles bien peu nourrissant ». On ne saurait mieux dire.

 

 

Que je relève encore que j’ai personnellement de la sympathie pour notre actuel Président de la Confédération. Personne n’est parfait, mais il est un animal politique au bon sens du terme, qui prend des positions courageuses quand les bases même du fonctionnement civique de ce pays sont mises en danger. Mais, depuis de années, je déplore qu’il écoute beaucoup trop diverses sirènes orientées qui lui font croire que la Concurrence à tout crin est la panacée pour un système de santé efficace et meilleur marché. Ceux qui croient cela se laissent emporter - berner - par des théories, en négligeant de se référer à la réalité de ce que sont les soins et le travail de ceux qui les prodiguent.

 

 

A bon entendu salut. Voter NON le 1er juin.

 

 

Dr Jean Martin , ancien médecin cantonal vaudois

 

14:46 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Je ne puis qu'abonder dans le sens du dr.Martin.
C'est de la folie furieuse que de confier tout l'argent aux caisses-maladies, qui arrosent pratiquement tous les conseillers nationaux(que ceux qui ne reçoivent rien le disent!)et dont les comptes sont d'une opacité totale
Citoyens,ne soyez pas comme Pinocchio, ne faites pas confiance au chat et au renard, et votez NON.

Écrit par : Ennio Salomoni | 02/05/2008

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