12/05/2008

Assez de « Vous êtes le Mal », du dialogue, bordel !

 

 

Je n’ai jamais été un ami de l’Administration U.S. sortant de charge dans quelques mois, mais qui aujourd’hui juge qu’il y a quelque chose à sauver de son action de politique étrangère ? Malgré leur économie dans une mauvaise passe et, à terme, un inévitable redimensionnement de leur position dominante, il est clair que les Etats-Unis ont pour les années à venir un potentiel majeur d’influence et d’action sur la vie de la planète. Or, que constate-t-on chaque jour un peu plus ? La diplomatie à la cowboy et, plus pathogène, la guerre à la cowboy les ont fait haïr à peu près partout (alors que, bien sûr, ils ont aussi des qualités). Funeste en termes de « Realpolitik », ils ne sont simplement plus écoutés, après avoir tellement divisé de façon inepte le monde entre les bons et ceux de l’Axe ou de l’Empire du Mal. Décrédibilisés au point que leurs possibles avertissements n’ont  plus d’efficacité ; pas loin d’être mués en tigre de papier… Passons sur le désastre irakien. Voir le Proche Orient (Israël, Liban), où des attitudes passées moins manichéistes leur permettraient aujourd’hui de contribuer réellement à des solutions. Et ailleurs.

 

 

Ces jours après le cyclone Nargis, la manière dont la junte militaire birmane se fout (le mot est faible) de la communauté internationale est un indicateur désolant. Avec d’autres et en contact avec la Chine, des Etats-Unis qui ne seraient pas grillés pourraient évidemment mieux faire fléchir le régime.

 

 

Triste... Je réfléchissais à tous les drames, les génocides, à toutes les erreurs (se souvenir du mot d’un amiral anglais ancien « C’est plus qu’un crime, c’est une erreur »), liés à l’idéologie lamentable que le concurrent ou  l’adversaire est le Mal ; ces erreurs qui remplissent l’Histoire comme l’actualité. J’y pensais en lisant le livre de Gabrielle Nanchen qui vient de sortir : « Compostelle – de la Reconquista à la Réconciliation » (Editions Saint-Augustin, 1890 St-Maurice). Elle a fait le Chemin de Compostelle, une fois en entier du Puy-en-Velay à Santiago et plusieurs autres fois sur des parcours partiels. En plus de son expérience de pérégrine, elle décrit l’histoire médiévale de la péninsule ibérique, sa longue période arabo-musulmanne, la lutte de reconquête, durant des siècles, par des princes chrétiens. En lançant un vibrant appel, sérieux, combien pertinent et lucide, au dialogue avec l’Islam. Aujourd’hui, dans nos circonstances. Dialoguer avec la grande majorité des musulmans pondérés (qui bien sûr n’ont pas la moindre intention ni envie de détruire l’Occident !…). Qui dans son bon sens peut croire que c’est en les ostracisant, en faisant preuve à leur égard de rejet voire de racisme que les choses peuvent aller vers le mieux ?

 

 

Assez de vous êtes « les pelés, les galeux, d’où vient tout le mal », selon la formule de Monsieur de la Fontaine (et les outrances de George W.B.) !

 

11:24 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Assez de « Vous êtes le Mal », du dialogue, bordel! - est un titre prometteur.

Pouvez vous élaborer sur ce thème ô combien important?

Écrit par : Serge Bellemare | 12/05/2008

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