05/07/2008

Fin de scolarité : propos d’un vieux schnock à des ados (I)

Fin de scolarité : propos d’un vieux schnock à des ados (I)

 

 

La Direction de l’Etablissement secondaire d’Aigle m’a demandé une brève allocution, le 4 juillet, lors de la manifestation que de mon temps on appelait les « promotions ». Exercice difficile pour le vieux que je suis… Comment ne pas être moralisant, passéiste ? On a insisté, j’ai accepté.

 

 

Ce jour est un grand jour, comme on dit dans ces circonstances, surtout pour vous qui arrivez au terme de votre scolarité obligatoire. Et qui allez après l’été apprendre un métier, poursuivre des études, consolider votre formation ou, pour certains peut-être, entreprendre un de ces voyages « qui forment la jeunesse ».

 

 

Votre directeur m’a prié de m’adresser à vous et je le fais avec plaisir. Deux mots sur celui qui vous parle : je suis né il y a longtemps dans une famille vigneronne de la région de Morges, j’ai fait des études de médecine, ai travaillé dans un hôpital régional vaudois puis durant huit ans loin d’ici, sur plusieurs continents. Après quoi je suis revenu au pays. Comme médecin cantonal, je ne soignais plus des personnes, cela peut surprendre, mais je disais que « mon patient, c’est la collectivité vaudoise ». Ma mission était de m’occuper des problèmes de santé qui touchent notre population en général : l’usage de drogues (qui reste un vrai problème), le sida, la santé en milieu scolaire, y compris l’éducation pour une bonne santé.

 

 

Avec vous, j’aimerais réfléchir à quelques éléments que la vie m’a appris. Il y a une formule qui dit « L’expérience est la seule chose qui ne s’apprend pas dans les livres ». Dans le passé et jusque vers 1950 environ, les vieux, les anciens, avaient l’expérience de la vie et aussi les connaissances techniques, dans leur métier en particulier. Aujourd’hui, nous le vivons tous les jours, vous en savez beaucoup plus sur l’informatique, par exemple, que beaucoup de vos parents et que tous vos grands-parents. Néanmoins, cela ne signifie pas que vous n’avez rien à apprendre d’eux.

 

 

Ici, je cite une drôle de formule qui dit « J’ai des racines, je m’en sers pour avancer »… Qu’est-ce qu’elle veut dire ? Que, même quand comme aujourd’hui tout change si vite, il est important d’avoir des bases, des fondations. Ces fondations sont données par votre famille, vos proches, par l’école, les clubs ou groupes dont vous pouvez faire partie ; aussi par les institutions qui tiennent ce pays ensemble, y compris les autorités qui sont représentées ici aujourd’hui.

 

 

Vos activités de loisirs ressemblent souvent à celles de jeunes Français ou Américains, ou peut-être même Japonais. Pourtant, nous ne sommes ni Américains ni Japonais. Il peut y avoir du bon à prendre chez eux mais il y a bien sûr du bon chez nous.

 

 

J’ai des racines, je m’en sers pour avancer, cela ne veut pas dire qu’il faut forcément tout garder… on a le droit d’adapter certaines choses, et même de les écarter si elles ne sont plus appropriées. Mais, comme on dit, ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain.    

 

 

Bien sûr je ne pense pas seulement aux racines typiques d’ici, du Chablais vaudois. La vie m’a convaincu qu’il est toujours enrichissant de s’intéresser aux gens différents. Beaucoup d’entre vous ont par leur famille des racines dans d’autres pays, avec d’autres langues, d’autres habitudes, d’autres religions ou confessions. On a le droit d’être fier de toutes ses racines, elles méritent d’être respectées et valorisées. L’histoire de votre famille peut comprendre des changements majeurs, parfois des déchirements. S’il s’agit certes de le reconnaître, de garder en mémoire ces difficultés, il est toujours possible d’utiliser son histoire personnelle pour aller de l’avant.   (à suivre)

 

09:59 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

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