30/07/2008

Inqualifiable suffisance de despotes

 

La preuve est éclatante (une fois de plus) que rien n’est jamais acquis dans le domaine des droits de l’homme, d’une part, et de la simple décence dans les rapports internationaux d’autre part… Comment exprimer adéquatement sa frustration devant les inqualifiables manifestations de rétorsion du registre « œil pour œil, dent pour dent » mises en œuvre en Libye, vraisemblablement par une famille qui n’aime guère que ses dérapages soient mis en évidence ?

 

 

Suffisance de ceux que les évènements et parfois la chance ont mis aux commandes d’un pays et qui en tirent un sentiment de toute-puissance et d’impunité, voire de statut semi-divin. Engagé de longue date à promouvoir des relations sereines avec les personnes vivant ailleurs - ou venues d’ailleurs - , je suis attaché au dialogue et à la collaboration avec ceux dont les cadres de référence sont différents du nôtre. Mais, dans le cas particulier, tout de même ! Quelle pitoyable démonstration de susceptibilité démesurée et de mépris, non seulement d’employés gravement maltraités durant des années mais de l’ensemble de ceux qui croient à des rapports respectueux entre les humains. Tristesse.

 

 

 

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20/07/2008

Sortons enfin de la fumée !

Depuis que les Genevois ont déclaré, en février 2008, vouloir respirer un air libre de fumée dans les lieux publics fermés, la brise s’est levée. Fin mai, le plan pour la prévention du tabagisme du Département vaudois de la santé, bien conçu, retient les axes suivants: «éviter le début du tabagisme, soutenir la norme non-fumeur» et «un air à 100% sans fumée pour l’ensemble de la population».

 

 

Au même moment, le Bulletin des médecins suisses surprend en bien avec un article sur la Convention cadre pour la lutte antitabac de l’OMS 1). Signé par des médecins et politiciens (le président de la FMH Jacques de Haller, l’ancien conseiller national Yves Guisan , notamment), il conclut que tout compromis sur la fumée ne sert qu’aux cigarettiers, eux-mêmes responsables de l’épidémie. On ne se souvient guère d’une prise de position aussi claire des fils d’Hippocrate.

 

 

Mais la palme revient aux restaurateurs romands dont l’organe, Le Cafetier, a  bien voulu publier une annonce de l’association OxyRomandie, qui milite contre la fumée passive. La hache de guerre paraît donc enterrée entre les défenseurs de la santé et ceux qui ont souvent prétexté la perte financière pour refuser des règles. Le rapprochement est exprimé dans la publicité par le garçon de café qui, dans un espace lumineux, lance : «Sortez du brouillard!»

 

 

Un programme est en route! Les vingt mille signataires vaudois de l’initiative populaire «Fumée passive et santé» l’ont amorcé. Le texte propose de libérer de la fumée les lieux publics fermés, sans exception, les locaux privés n’étant pas concernés. Au vu de ce principe et de plusieurs votes populaires cantonaux clairs, les contorsions de certains élus fédéraux vis-à-vis de l’initiative Gutzwiller font piètre figure. Ils peineraient à expliquer le projet de loi fédérale à leurs enfants et ils se sont décrédibilisés 2) sérieusement, pour la troisième fois, le 11 juin 2008 au Conseil national.

 

 

Le plan d’action vaudois pour la prévention est limpide mais le gouvernement a néanmoins élaboré un contre-projet à l’initiative populaire, prévoyant pour un établissement la possibilité du fumoir. Le Grand Conseil débattra de ce texte prochainement et, s’il l’approuve, le soumettra avec l’initiative au vote du peuple. A vrai dire toutefois, les signataires de l’initiative et la population douteraient du sérieux de leurs élus au Grand Conseil s’ils recommandaient le contre-projet. Car, si le peuple l’acceptait, les Vaudois auraient alors ancré par les urnes pour longtemps la puanteur du fumoir dans la nouvelle Constitution vaudoise… à côté de Lavaux, patrimoine mondial de l’humanité!

 

 

Souhaitons que cette perspective incite nos élus à suivre Le Cafetier et… à sortir définitivement du brouillard. En soumettant au peuple en novembre prochain l’initiative populaire seule, avec la recommandation de l’accepter!

 

 

 

 

 

1)     «La Convention cadre pour le contrôle du tabac de l’OMS a cinq ans» Bulletin des médecins suisses, 28 mai 2008

 

2)     «Etre crédible!», Bulletin des médecins suisses, 9 janvier 2008

 

 

 

16/07/2008

Fin de scolarité : propos d’un vieux schnock à des ados (II)

Aigle, le 4 juillet 2008

 

 

 

Fin de scolarité : propos d’un vieux schnock à des ados (II)

 

 

La Direction de l’Etablissement secondaire d’Aigle m’a demandé une brève allocution, le 4 juillet, lors de la manifestation que de mon temps on appelait les « promotions ». Exercice difficile pour le vieux que je suis… Comment ne pas être moralisant, passéiste ? On a insisté, j’ai accepté (suite et fin du propos mis en ligne le 5 juillet).

 

 Entretenir des piliers forts sur lesquels construire, c’est un élément des responsabilités que vous assumerez, pour vous, pour la famille que vous aurez un jour, pour la localité où vous vivrez. La prise de conscience qu’on devient responsable arrive de diverses façons : pour moi, cela a été notamment quand mon père est mort ; j’avais déjà 36 ans, donc plus tout jeune, j’étais médecin et avais vécu à l’étranger mais c’est à ce moment-là que je me suis dit : « Alors maintenant, tu es vraiment de la génération des adultes responsables. A toi de faire ta part pour que la société fonctionne pour que, tout en respectant la liberté de chacun, il y ait aussi une solidarité suffisante et une bonne ambiance, qu’il fasse bon « vivre ensemble ».

 

 

Qu’est-ce que c’est que la responsabilité ? Je me souviens de quelqu’un disant que c’est la situation du bouton qui est le dernier à tenir des bretelles, s’il lâche on perd son pantalon... Près des montagnes où nous sommes, on peut penser à la responsabilité de celui qui assure un alpiniste.

 

 

A mon avis, votre première responsabilité c’est qu’on puisse vous faire confiance, qu’on puisse compter sur vous. Exemple : Quand j’avais votre âge il n’y avait pas de séances d’éducation sexuelle de Profa comme vous en avez bénéficié. Je parlai de mon père tout à l’heure ; la seule chose ou presque qu’il m’a dite sur  mes rapports avec les filles, c’est « Tu feras ce que tu décideras mais ne trompe pas une fille, ne lui fais pas miroiter des promesses que tu ne tiendras pas ». C’est un bon conseil. J’ai des défauts, comme tout le monde, mais je n’aime pas mentir. Je déteste mentir. Parce que si on se met à raconter des salades différentes aux uns et aux autres, on va toujours finir par se couper, on perdra des amis ; cela crée une toute mauvaise ambiance et parfois des dégâts sérieux.

 

 

C’est vraiment mieux, et aussi plus simple, de mener sa vie en évitant de tromper ceux qui sont autour de nous. Il vaut mieux aussi ne pas se tromper soi-même… mais ça c’est une autre histoire.

 

 

La responsabilité cela peut être stressant, vous l’avez probablement déjà vécu quand on vous a demandé de rendre tel ou tel service, d’assumer tel rôle. Mais c’est un bon stress, qui fait avancer. Et si la pression est forte on peut toujours prendre conseil, se faire épauler. Gardez aussi à l’esprit le point suivant : si on peut compter sur vous, il y a toutes les chances que les autres vous le rendent bien et que à votre tour vous puissiez compter sur eux.

 

 

La responsabilité est une notion de la même famille que réponse ou répondre. En d’autres termes : il importe que vous répondiez à ce qu’on attend de vous, que vous ayez du répondant. Dans le futur, il s’agira du répondant vis-à-vis de vos enseignants, de votre patron, de vos camarades, des rôles que vous accepterez d’assumer dans un club ou une association et un jour peut-être dans les autorités. Plus tard, je vous souhaite d’être un répondant solide vis-à-vis de la personne avec qui vous vivrez et des enfants que vous aurez : ce sera votre responsabilité, dans 10, 15 ou 20 ans, de leur assurer les racines sur lesquelles grandir et construire leur propre vie, dans une société qui va continuer à évoluer très vite.

 

 

Une dernière chose, à propos de liberté, liberté qui est en quelque sorte l’autre face de la responsabilité. Essayez de retenir le point suivant : « La liberté n’a de valeur que par les limites qu’on lui met » ; c’est une preuve de notre liberté que nous acceptions certaines limites, certaines contraintes, en particulier par respect des droits et des intérêts des autres. Souvenez-vous que la liberté, ce n’est pas faire tout et n’importe quoi, ce n’est surtout pas faire tout et n’importe quoi. C’est choisir ce qu’on décide de faire. Et le choisir de manière autonome, choisir soi-même, sans se laisser trop influencer par les autres.  (fin)

 

 

 

 

 

 

 

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