05/08/2008

Démence, épuisement des proches, euthanasie… (I)

 

 

Quand la mort est-elle préférable à la souffrance et à la perte de sens ? Dans quelles circonstances est-il permis d’aider autrui à passer de vie à trépas? Questions difficiles, qui seront de plus en plus avec nous à l’avenir sans doute, replacées sous les feux de l’actualité par la mort il y a quelques jours d’une femme de 77 ans dans un EMS genevois. D’après ce qu’on en sait, il a été provoqué par le propre mari de la victime qui ne supportait plus de la voir souffrir de la maladie d’Alzheimer - de démence. Médecin intéressé de longue date aux questions d’éthique et pour avoir eu à traiter des situations de ce registre dans la fonction de médecin cantonal, je discute quelques points majeurs qu’un tel cas pose.

 

 

D’abord, ce vieux mari appelle ma compassion. On sait bien (pas seulement les professionnels sanitaires et sociaux) comment devoir prendre en charge une personne complètement dépendante, et qui dans le cas de la démence n’a plus de relations sensées avec son entourage, cela est lourd, frustrant et mène souvent à l’épuisement, au burnout, à la décompensation. C’est dire que, étant entendu que le fait de provoquer la mort d’un autre est punissable et devrait le rester, ce malheureux mari poussé par les circonstances - et sa propre souffrance devant l’état de sa femme - à un geste funeste a droit à de la compréhension.

 

 

Quelles interventions conduisant à la mort d’autrui sont-elles aujourd’hui possibles en Suisse. Deux éventualités sont admises: l’euthanasie passive et l’assistance au suicide. La première consiste à interrompre des soins qui maintiennent un patient artificiellement en vie, ce qui signifie qu’on laisse la nature suivre son cours. La seconde revient à prêter assistance à une personne qui a décidé de mettre fin à ses jours et qui accomplit elle-même le dernier geste, en avalant par exemple un produit (médicament à dose léthale) qui lui a été prescrit, ou en tournant l’ailette commandant une perfusion avec ce produit. Il y a débat à cet égard sur la situation particulière et rare du paralysé conscient qui se trouve dans l’incapacité d’accomplir le moindre mouvement en vue de « mettre en route » son suicide. Est-il admissible de réaliser à sa place le geste fatal? Une solution pourra être recherchée dans les progrès de la technique, qui pourraient permettre d’actionner le mécanisme d’un simple battement de paupière. La règle absolue étant qu’il s’agit à chaque fois de la décision et du geste de la personne concernée. (à suivre)

 

08:49 Publié dans Ethique | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

combien de veuves disent après quelques années,ah si nous étions parties avec nos maris,hélas démentifiés complètement dépendants de nous,ce geste d'amour fait par cet homme dans cette institution Genevoise n'est que le reflet d'une société incapable de soulager des maux qui iront en progressant si l'on en juge le peu d'efficacité à mettre sur pied des services acceptant d'écouter enfin ceux qui ont traversé ces épreuves et non des théories toutes faites ,n'ayant qu'un but faire perdre du temps au personnel,tandis que le patient souvent est mis de coté,mais c'est un fait qui ne date pas d'aujourd'hui,hélas l'ordinateur ayant remplacé l'humain,combien sont encore chez eux mais ayant aussi décidé de finir leur vie en couple mettant fin à leur vie terrestre avec une arme,et nous veuves ne pouvons que les comprendre,mais seuls ceux et celles ayant vécu un drame de cette ampleur sont à même de comprendre et sans juger

Écrit par : esmeralda | 05/08/2008

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