23/08/2008

: La moralité, exigible des grands commis ?

 

 

Le comportement extraprofessionnel du Chef de notre armée qui, par dépit, a effectué des démarches mesquines, choquantes, de nature à nuire à son ancienne compagne, a suscité moult débats durant l’été. Deux questions ont été légitimement posées. Un officier général qui « perd les nerfs » pour un problème privé aurait-il en cas de guerre le sang-froid nécessaire devant les décisions à prendre ?  Quels effets une telle faiblesse morale peut-elle avoir sur l’estime dont doit bénéficier un chef de la part de ses subordonnés ?

 

 

 On vient aussi d’apprendre la démission du directeur de l’OFAC, condamné pénalement pour des faits survenus avant qu’il intègre l’administration fédérale. Et, il y a deux ans, notre canton était secoué par la découverte des malversations financières d’un professeur du CHUV. Il a été exclu de son poste mais les avis ont été divers quant aux conséquences logiques, sur sa capacité de pratiquer, de fautes d’un médecin sans rapport direct avec son art. J’ai écrit à l’époque : « Attend-on seulement du médecin des compétences techniques, ou un « plus » majeur, humain et éthique, est-il partie intégrante du métier ? ».

 

 

Plus ancien, il y a encore le cas d’un responsable du Service pénitentiaire, qui avait  provoqué un accident en étant alcoolisé et avait dû quitter son poste. Médecin cantonal, je m’étais demandé ce que serait l’effet d’un écart du même type s’il m’arrivait… J’avais conclu que, censé défendre la santé publique, je ne pourrais plus remplir adéquatement ma fonction.

 

 

La question centrale est de savoir si accorder du poids à la dimension morale d’un professionnel – ou d’un politique – de rang élevé est une vieillerie, une scorie d’une doctrine où on attendait aussi d’eux d’être estimables en soi, sinon irréprochables ? Accepte-t-on le régime dont La Fontaine disait « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous feront blanc ou noir » ? 

 

 

Mon impression est-elle fausse que, de plus en plus, la mesure de l’estime dans laquelle on tient les gens est - seulement - proportionnelle à ce qu’ils gagnent, respectivement au pouvoir qu’il exercent, et plus guère au fait qu’on puisse leur faire confiance, qu’ils assument une tenue morale ? Les excès et autres dérives de « gens qui comptent » sont trop aisément tolérées – quand on n’y voit pas un progrès reconnaissant l’imperfection de la nature humaine ! Montée d’un laxisme éthique multiforme et multi-secteurs, « justifié » au nom d’une idéologie libérale dévoyée ?

 

 

 Au risque d’apparaître terriblement ringard, je crois que nous avons tous, qui que nous soyons, un mandat d’exemplarité. Et, bien sûr, ce mandat est d’autant plus impératif qu’on joue un rôle dans et vis-à-vis de la collectivité. S’ils veulent garder une crédibilité, les responsables sont tenus d’être attentifs à toutes situations potentielles de mensonge, de corruption, d’exploitation d’autres personnes – y compris dans leur vie privée.

 

 

Dernière remarque : il paraît clair que des faits démontrant que les gens importants ne sont pas au-dessus des règles de bonne foi, de sérieux dans les engagements et de simple décence ordinaire seront bien accueillis par Monsieur et Madame Tout-le-monde.

 

 

Le comportement extraprofessionnel du Chef de notre armée qui, par dépit, a effectué des démarches mesquines, choquantes, de nature à nuire à son ancienne compagne, a suscité moult débats durant l’été. Deux questions ont été légitimement posées. Un officier général qui « perd les nerfs » pour un problème privé aurait-il en cas de guerre le sang-froid nécessaire devant les décisions à prendre ?  Quels effets une telle faiblesse morale peut-elle avoir sur l’estime dont doit bénéficier un chef de la part de ses subordonnés ?

 

 

 On vient aussi d’apprendre la démission du directeur de l’OFAC, condamné pénalement pour des faits survenus avant qu’il intègre l’administration fédérale. Et, il y a deux ans, notre canton était secoué par la découverte des malversations financières d’un professeur du CHUV. Il a été exclu de son poste mais les avis ont été divers quant aux conséquences logiques, sur sa capacité de pratiquer, de fautes d’un médecin sans rapport direct avec son art. J’ai écrit à l’époque : « Attend-on seulement du médecin des compétences techniques, ou un « plus » majeur, humain et éthique, est-il partie intégrante du métier ? ».

 

 

Plus ancien, il y a encore le cas d’un responsable du Service pénitentiaire, qui avait  provoqué un accident en étant alcoolisé et avait dû quitter son poste. Médecin cantonal, je m’étais demandé ce que serait l’effet d’un écart du même type s’il m’arrivait… J’avais conclu que, censé défendre la santé publique, je ne pourrais plus remplir adéquatement ma fonction.

 

 

La question centrale est de savoir si accorder du poids à la dimension morale d’un professionnel – ou d’un politique – de rang élevé est une vieillerie, une scorie d’une doctrine où on attendait aussi d’eux d’être estimables en soi, sinon irréprochables ? Accepte-t-on le régime dont La Fontaine disait « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous feront blanc ou noir » ? 

 

 

Mon impression est-elle fausse que, de plus en plus, la mesure de l’estime dans laquelle on tient les gens est - seulement - proportionnelle à ce qu’ils gagnent, respectivement au pouvoir qu’il exercent, et plus guère au fait qu’on puisse leur faire confiance, qu’ils assument une tenue morale ? Les excès et autres dérives de « gens qui comptent » sont trop aisément tolérées – quand on n’y voit pas un progrès reconnaissant l’imperfection de la nature humaine ! Montée d’un laxisme éthique multiforme et multi-secteurs, « justifié » au nom d’une idéologie libérale dévoyée ?

 

 

 Au risque d’apparaître terriblement ringard, je crois que nous avons tous, qui que nous soyons, un mandat d’exemplarité. Et, bien sûr, ce mandat est d’autant plus impératif qu’on joue un rôle dans et vis-à-vis de la collectivité. S’ils veulent garder une crédibilité, les responsables sont tenus d’être attentifs à toutes situations potentielles de mensonge, de corruption, d’exploitation d’autres personnes – y compris dans leur vie privée.

 

 

Dernière remarque : il paraît clair que des faits démontrant que les gens importants ne sont pas au-dessus des règles de bonne foi, de sérieux dans les engagements et de simple décence ordinaire seront bien accueillis par Monsieur et Madame Tout-le-monde.

 

09:05 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

"nous avons tous, qui que nous soyons, un mandat d’exemplarité", merci de ce texte qui nous aide à être davantage conscient de notre dignité, donc responsabilité.

Écrit par : cmj | 23/08/2008

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