05/09/2008

Lourd effet collatéral du sida en Afrique : la spoliation des veuves et des orphelins

 

Medicus Mundi Suisse (www.medicusmundi.ch) a pour but de servir de lien entre des organisations (47 membres à ce jour) oeuvrant, comme « Réseau Santé pour tous » - se préoccupant en particulier des populations défavorisées. Quatre fois par an elle publie un Bulletin, toujours substantiel. Je fais référence ici au no 109 récent, sur le thème « AIDS and livelihoods » - sida et moyens   d’existence. Il a vivement retenu mon intérêt en s’attachant à un effet grave de la maladie et des morts qu’elle entraîne, le property/lang grabbing : l’accaparement, la confiscation des propriétés et autres biens matériels des veuves et orphelins du sida. 

 

Extraits (ma traduction – presque tous les textes sont en anglais) d’un article de Kaori Izumi, qui travaille à la FAO comme HIV/Rural Development Officer : « Dans la majorité des communautés d’Afrique méridionale et orientale, les femmes n’ont pas de droits propres de propriété dans les systèmes coutumiers. Les droits et règles de propriété et d’héritage diffèrent selon le genre/sexe, le type de propriété, le degré de parenté et les modes de vie en commun (…) Le VIH/sida est une ‘machine à fabriquer’ des veuves et des orphelins. Les épouses sont blâmées pour avoir infecté leur mari voire d’avoir usé de sorcellerie, ce qui les expose à la violence domestique. L’accaparement de propriété au détriment des femmes et des enfants est symptôme, cause et conséquence de la pauvreté et de la rupture des liens familiaux et des filets sociaux de sécurité. Ces confiscations delétères n’ont guère reçu d’attention dans les programmes de développement ».

 

 

« Rejetées de leurs domiciles conjugaux et familiaux, la plupart de ces femmes s’en vont dans des bidonvilles urbains. Les enfants orphelins sont partagés - hérités - par leur parenté en même temps que les propriétés matérielles de leurs pères. D’autres enfants sont laissés à leur sort et deviennent chefs de famille, sans aucune assistance (…) Ces accaparements surviennent en général durant les cérémonies funèbres et la période de deuil, entraînant un niveau de détresse particulièrement élevé chez ceux qui en sont victimes. La confiscation des biens des veuves a un caractère de punition (par exemple, couper les fruits de leur jardin), cupidité et stigmatisation (…) Dans une région de Namibie, une étude de la FAO a montré que 44% des veuves et des orphelins ont ainsi perdu du bétail et 39% leur équipement agricole après le décès de leurs maris/pères ».

 

 

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