18/12/2008

Formidables voix et présences de Grèce

 

Magnifique soirée en ce moment à Kléber-Méleau avec Angélique Ionatos (qui y était avec trois musiciens pour un autre spectacle, « Eros y Muerte », il y a trois semaines) et sa  compatriote Katerina Fotinaki. Chanteuses, guitaristes, poétesses… Sous le titre « Comme un jardin la nuit » ; on se croit dans les prairies du dieu Pan et des bergers antiques, parfois sur l’île de Zorba, avec quelques destinations plus exotiques : tango, Pablo Neruda, Léo Ferré.

 

 

Multiplicité des sentiments forts, prenants, que les deux artistes soulèvent chez l’auditeur/spectateur : dépaysement, vent dans les branchages ou vent du large, touches d’érotisme, j’en passe. Contact cordial et personnel avec l’audience, on se sent bien ; ce ne sont pas sourires ou paroles aimables de circonstance mais complicité amusée et chaleureuse.

 

 

Pour ce qui me concerne, le plaisir prend aussi des chemins de traverse : la Grèce, sa philosophie, sa tragédie, son système politique, piliers majeurs de ce que l’Occident est devenu (je ne fais pas ici référence ici aux dramatiques dérapages actuels de cet Occident, plus liés  à des orientations anglo-saxonnes). Grèce de l’âge d’or un demi-millénaire avant Jésus-Christ, puis formidable épopée d’Alexandre tendant à unir l’Ouest et l’Est, potentialiser leurs valeurs. La Grèce partie de cette région fascinante qu’est la Méditerranée orientale : Ephèse et Smyrne, Constantinople, Antioche, Byblos, Damas, Jérusalem, Alexandrie.

 

 

Merci, Mesdames, vous êtes formidables.

 

 

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15/12/2008

Conseiller funéraire, un beau métier...

Il est des professions dont la pratique apparaît d’emblée difficile. Ainsi celle d’Edmond Pittet, responsable d’une entreprise de pompes funèbres, dont il parle comme d’un sacerdoce dans un livre intitulé « La mort humanisée »*, et qui montre qu’on peut en faire un beau métier.

 

 

J’y ai découvert des liens avec l’activité des médecins et soignants qui s’occupent de repousser la mort. E. Pittet affirme que « le professionnel cherche constamment à éviter d’exercer un pouvoir sur les endeuillés ». Remarquable correspondance avec l’éthique médicale actuelle où l’autonomie du patient est au premier plan. « Rien n’est fait sans l’accord des proches ».

 

 

La mort fait partie de la vie. La seconde moitié du XXe siècle, ivre des progrès des techniques médicales, a voulu occulter la mort, on affirmait dans les hôpitaux « Ici on guérit, on ne meurt pas »… fuite et myopie devant la réalité. Les soignants luttent contre la mort bien sûr mais cette volonté a eu parfois l’effet déplorable qu’on se détournait des mourants, leur décès proche étant vécu comme un échec. Le développement des soins palliatifs a heureusement changé cet état d’esprit. On sait mieux que vie et mort sont inséparables, ne sont pas d’absolues ennemies.

 

 

Décrivant l’activité de celui qu’il appelle conseiller funéraire, l’auteur donne des histoires vécues fortes. Ainsi celle de cette cravate qu’un enfant demande à l’employé funéraire de ne pas mettre tout de suite à son vieux père parce que, juste avant sa mort, il ne pouvait plus respirer et que la cravate serrée le rappelle de manière insupportable. Tant d’exemples qui démontrent comment faire juste (et dans quelques cas faire faux) vis-à-vis des endeuillés. On salue ce qui est dit sur l’importance des mots prononcés et la manière dont on les prononce, sur certains gestes, y compris le point crucial du contact (y compris physique, cas échéant) que les proches vont encore avoir avec la personne décédée.

 

 

Frappants aussi, les témoignages sur des deuils mal vécus, mal faits, des noeuds jamais dénoués durant 25 ou 30 ans en rapport avec des non-dits ou des aménagements de la vérité autour du décès d’un proche. Les médecins entre autres savent le potentiel toxique des secrets de famille. Occasion de redire qu’on craint trop d’être transparents, non seulement  à l’égard des adultes mais aussi des enfants, de leur permettre de voir la personne décédée et de participer au service funèbre. « Ne pas voler aux proches leur disparu ».

 

 

Certains décident que leur départ se fera dans la plus grande discrétion, sans cérémonie ni rassemblement, sans réflexion sur le passage vers ailleurs. Comme l’auteur, je suis convaincu de l’importance d’une véritable prise de congé à quoi on accorde la solennité, le temps, la substance, les formes et rituels adéquats.

 

 

 « Les familles savent elles-mêmes ce dont elles ont besoin, la fonction du professionnel consiste à les conseiller et leur procurer un accompagnement approprié ». Disant cela, E. Pittet rappelle que, dans toutes les facettes de la vie, l’essentiel est de renforcer la confiance des gens en eux-mêmes, pas de la nier.

 

 

 

*Editions Ouverture, Le Mont s/Lausanne (sous presse).

 

 

 

 

 

 

 

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11/12/2008

L’élection d’Ueli Maurer

 

 

Faut-il croire Grippeminaud le bon apôtre ? Après avoir dit et conduit tant d’ignominies, sur la place publique, est-il très vraisemblable, comme le croient certains « dur comme fer », que le tribun zurichois va se transformer en un homme de concordance… voire en homme de paix ? Ne faut-il pas craindre plutôt que va se vérifier la formule selon laquelle « les promesses rendent les … » ?

 

 

Je suis conscient de ce qu’un parlementaire cassant, intolérant, rejetant sommairement les opinons différentes des siennes, peut se muer en membre d’exécutif qui se met à écouter et agit avec la courtoisie et le sens du juste milieu que veulent notre histoire et notre système civiques et politiques. Dans le cas particulier, quel conseiller fédéral deviendra l’homme des moutons noirs, des déclarations racistes répétées – et assumées, on regrette de le rappeler ! - et des mains noires arrachant des passeports suisses, l’homme pour qui la femme  est un faire-valoir domestique de l’homme ?

 

 

S’il ne s’agissait d’un sujet aussi sérieux, on dirait que les paris sont ouverts. A vrai dire, on ne peut qu’ « espérer pour le mieux ». Le pire n’est heureusement pas toujours certain. 

 

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