04/03/2009

Prendre la mesure de l'isolement de la Suisse

Sans doute les coups de Trafalgar qui s’abattent sur l’UBS et sur le secret bancaire ont-ils des causes diverses. Il reste que, de manière éclatante, bien rares autour de nous sont ceux qui volent à notre secours pour dire que nous ne sommes pas les pelés, les galeux, que certains voient. La Suisse est gravement isolée et, aussi bons que nous soyons, il faut cesser d’imaginer que « nous n’avons besoin de personne et rien d’ennuyeux ne peut nous arriver que nous ne puissions maîtriser tout seuls » : dire cela, loin d’être patriotique, nous enfonce dans une situation qui peut devenir dramatique pour la prospérité du pays et pour l’emploi.

 

Un mot sur l’idée d’une initiative populaire inscrivant dans le bronze de la Constitution fédérale l’intangibilité d’un secret bancaire étendu, très « cachottier » par rapport aux demandes extérieures. Voit-on que ce ne serait là guère plus qu’une gesticulation ? Une telle disposition ne saurait en rien empêcher des pressions internationales majeures ; cela donnerait plutôt à nos interlocuteurs extérieurs (qui pour nous, notons-le, doivent rester bon gré mal gré des partenaires) l’occasion de faire comme si notre Charte fondamentale n’existait pas : leurs demandes resteraient identiques et, sous peine d’être mis au ban de la communauté financière internationale, nous serions tout autant contraints de négocier.

 

Le monde actuel est déterminé par l’interdépendance ; cela est particulièrement vrai pour notre pays. Croire ou faire croire qu’il y a un avenir dans le recroquevillement auto-satisfait est un rêve. Que les circonstances actuelles nous fassent réfléchir au besoin impératif de faire équipe avec d’autres, et ceci d’abord en Europe.

 

00:21 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

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