09/04/2009

Changer certaines de nos manières, ne pas traîner les pieds

« La Suisse saura-t-elle limiter la casse ? » Question que pose, en relevant que le statu quo ante n’est plus défendable, un observateur après la décision du G 20 de mettre notre pays sur une liste grise en matière financière. C’est le grand enjeu. La majorité d’entre nous réalisera-t-elle assez tôt qu’il y a tout à perdre à traîner les pieds ? Le monde change à la vitesse grand V. Titre (inimaginable jusqu’il y a peu) d’un article récent « Le poids politique et moral de la Suisse a presque disparu »… Sous la plume d’une ennemi de notre pays ? Non, de Franz Muheim, ancien ambassadeur de Suisse fort respecté, soulignant « une carence éthique dans le comportements des dirigeants de l’économie et de la finance et une défaillance des autorités politiques »  (Le Temps, 2 avril 2009).

 

Dans ces conditions, les accusations selon quoi le Conseil fédéral trahit sont susceptibles d’accélérer la chute Sans doute l’évolution actuelle déplaît-elle à plusieurs égards (à moi aussi), mais le danger est que nous croyions qu’il suffit d’invoquer Guillaume Tell et la lutte contre les baillis étrangers pour que le cauchemar passe. Je ne suis pas un grand fan de Pascal Couchepin dans son action vis-à-vis de mes confrères médecins, par contre on doit saluer sa lucidité quand il recommande de se repencher sur la question de l’adhésion à l’UE. Le plus tôt sera le mieux : plus nous tardons et plus nous serons contraints d’adhérer dans les pires conditions (alors qu’on a été longtemps disposé à nous accueillir favorablement). « Les autres »  ne sont plus prêts à faire des cadeaux à la Suisse, ils le seront encore moins si, suivant le chœur des pleureuses de la droite nationaliste, nous exaspérons des partenaires incontournables par des récriminations qui n’ont plus cours. Se souvenir de Talleyrand : « La vie se passe à dire plus tard, et à s’entendre dire trop tard ».

 

S.v.p., ne plus suivre les sirènes qui se la jouent dans le registre « Le G 20, l’OCDE et les autres peuvent bien rouler les mécaniques, l’adversité n’a jamais fait peur aux vieux Suisses et nous gagnerons, seuls contre tous ».

08:21 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3)

Commentaires

Croyez-vous vraiment que le monde change si vite que ça ou est-ce la spirale médiatique qui nous donne l'illusion que tout change si vite. Car au fond, l'être humain a-t-il tant changé?

Devrions-nous absolument entrer dans cette Europe qui ressemble beaucoup a un axe franco-germanique et qui ne va pas si bien que ça pour faire comme les autres. Pour être accepté.

Et que nous apportera le fait d'être accepté? D'être comme les autres, membre de l'UE...

Comme les autres, et il me semble que là nous touchons un point essentiel. Etre européen, c'est s'aligner sur le seul et unique critère économique: sur l'écu-euro. Mais cette Europe prend-elle en compte les particularismes de chaque pays qui la compose... si peu me semble-t-il.

Et je dois bien dire que ce dernier point m'inquiète. Pourquoi à n'importe quel prix se jeter dans une jungle économique alors que nous avons bâti un système politique, économique, social de premier ordre. Et que le temps et l'histoire nous ont amenés à confesser nos erreurs, ce qui nous permettra de gagner encore en sérénité.
Pourquoi devoir en être, c'est-à-dire ne plus être de nulle part et de nulle contrée? Perdre notre identité?

Ce qui me passionne, c'est précisément la diversité.

Non, je ne pense pas qu'il soit question de faire cavalier seul contre tous, mais ensemble, avec chacun, avec ses particularismes.

La Suisse a perdu du poids... Sûrement. Mais regardez la belle ligne qu'elle a acquise. Moi, cette Suisse-là me séduit!

Bien entendu que d'opter pour la fermeture serait suicidaire. Mais pourquoi ne pas continuer dans la voie des accords actuels.

En vous lisant, j'ai l'impression que l'Europe veut nous faire payer le prix d'être un pays qui va bien.

J'espère que vous comprendrez mon propos. N'y voyez aucune polémique, mais bien plus un sentiment librement partagé et des interrogations.

(Précision au cas où ce message pourrait le faire penser: je ne suis d'aucuns parti politique et en tout cas pas de ceux qui jouent la carte de l'exclusion)

Écrit par : Frédéric Rauss | 09/04/2009

C'est ce que j'avais écrit à Gargamelle, au CF: game is over, mon chéri!

Écrit par : Victor Devaud | 09/04/2009

Pas de nouveaux commentaires et c'est bien dommage. Parce qu'il faudrait qu'on m'explique qu'un document signé et envoyé à une autorité pour servir de déclaration fiscale a moins de valeur légale que tout autre document signé, au regard du droit pénal! Gargamelle se contorsionne, mais cela ne sert à rien puisque la logique est violée, depuis si longtemps. Ce que l'OCDE demande (ses arguments ne sont peut-être pas tout excellents, mais on a rappelé nos retards et notre peut d'enthousiame à en discuter hier, et là on a tort sur toute la ligne), c'est un aggiornamento. Disons simplement, au lieu d'utiliser des arguments grandiloquents de souveraineté nationale, de défense du petit peuple (que l'on pille indirectement en ne payant pas les impôts dus), que l'on veut garder notre statut du privilégiés. Mais nous serons bien seuls.

Écrit par : Victor Devaud | 11/04/2009

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