01/07/2009

Un médecin qui a fait beaucoup de choses différentes

A propos du livre de Jean-Christophe Rufin « Un léopard sur le garrot – Chroniques d’un médecin nomade ». Paris : Gallimard, 2008, 318 pages.

 

On connaît le Dr Rufin pour son engagement au sein de Médecins sans frontières et d’Action contre la faim notamment, et par ses livres. Carrière marquée par des allers et retours entre médecine clinique et action humanitaire, des rebondissements, le passage par Sciences Po et un cabinet ministériel, entre autres choses… au cours de laquelle il a rassemblé de multiples matériaux utilisés (aussi) dans une importante activité d’écriture : sur l’action humanitaire et ses corollaires socio-politiques puis dans des romans - inspirés par ses pérégrinations - qui ont connu le succès (L’Abyssin, Rouge Brésil qui a obtenu le Prix Goncourt 2001). Aujourd’hui ambassadeur de France au Sénégal, élu en 2008 à l’Académie française, il vient d’écrire ce qu’il sous-titre « Chroniques d’un médecin nomade ».

Petit-fils d’un praticien du Berry chez lequel il a vécu ses dix premières années en développant une admiration profonde pour la médecine, Rufin fait ses études à Paris, où il passe l’épreuve de l’internat et travaille en milieu hospitalier. Attiré par l’action humanitaire, il est amené une première fois à demander un congé, pour une mission à Djibouti, et se heurte au peu de considération de son chef pour un tel travail : « C’est des vacances que vous voulez, hein ? ». Plus loin : « Le professeur appartenait à cette génération de grands patrons pour qui la souffrance n’apparaissait intéressante que lorsqu’elle était individuelle. Il n’avait pas encore été contaminé par les approches collectives de la médecine de catastrophe. Face à une foule souffrante, il cessait d’être un médecin et redevenait simplement un grand bourgeois ». Sensibiliser à la dimension de santé publique et communautaire était difficile à l’époque (vers 1980) ; en réalité, .cela le reste aujourd’hui.

 

Après ses premiers engagements : « J’étais revenu d’Afrique avec une cassure qui répartissait la médecine en deux ordres : d’un côté était l’outil, la médecine comme équivalent de la mécanique automobile (…) de l’autre ce que j’avais jusque-là appelé médecine était, au-delà des maladies et des organes, un appel vers l’humain, un intérêt avide pour le siècle, la diversité du monde, les constructions et les destructions produites par l’homme » (à suivre)

 

10:55 Publié dans Monde | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.