24/09/2009

Formidable « Forteresse »

 

Hier soir à Morges, deux salles pleines (la salle du cinéma Odéon initialement prévue a dû être assortie d’une seconde) pour voir « La Forteresse », le film de Fernand Melgar qui  a reçu un Léopard d’or au Festival de Locarno. A l’invitation de la plateforme œcuménique et avec le soutien de la Municipalité.

 

On sait que ce film décrit la vie au sein du centre d’enregistrement de requérants d’asile de Vallorbe, durant l’hiver 2007-2008. On est mis dans la peau de tous les acteurs : requérants eux-mêmes, auditeurs qui les entendent et apprécient leurs témoignages, personnel de sécurité et administratif, aumôniers… Fernand Melgar était présent et a participé au débat qui a suivi la projection, avec d’autres directement concernés (un homme togolais qui a passé par Vallorbe, une aumônière, un ancien collaborateur).

 

Remarquable documentaire où on a voulu rester neutre, filmant la vie telle qu’elle est, sans charger qui que ce soit. Pitoyables situations des naufragés arrivant sur nos « rivages ». Mandat tellement difficile des auditeurs qui doivent écouter chacun et établir un rapport, au plus près de leurs connaissances du domaine et de leur conscience. J’ai été médecin cantonal et mon travail était souvent compliqué, portant sur des situations délicates. J’avoue que je préfère avoir eu les responsabilités qui m’ont incombé que celles de nos concitoyens qui doivent juger les requérants d’asile…

 

Parce que la vérité - ou la solution des problèmes - n’est jamais sur un bord extrême. Ne serait-il pas intéressant que « La Forteresse » soit présentée lors de réunions de milieux nationalistes qui allèguent (trop) facilement que les abuseurs fourmillent parmi nous ? Qu’il y ait des abus, personne n’en disconvient. Nous vivons dans un  monde imparfait ; c’est la vie, à tous il nous arrive une fois ou l’autre, tant soit peu, de chercher à profiter de quelque chose. L’essentiel, le fondamental, est d’éviter des injustices voire de terribles injustices. Devant les histoires personnelles et familiales de la « La Forteresse » (qui, une fois encore, est un documentaire, pas une œuvre de fiction ou militante), on reste songeur - et c’est un euphémisme - en pensant que la plupart  de ceux qui les ont vécues vont néanmoins être renvoyés à leur sort, ailleurs (« Vous avez vingt-quatre  heures pour quitter le territoire »).

 

09:40 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.