15/11/2009

Avez-vous vu comment la Suisse est devenue Championne du monde ?

 

Ma-gni-fi-que ! Quelle remarquable série de réussites que celle de l’équipe suisse de football des moins de 17 ans, ces dernières semaines au Nigéria. Quelle belle jouerie, quel esprit d’équipe solidaire, quelle force morale -  notamment dimanche soir contre les tenants du titre jouant à domicile.

 

Tous nos compatriotes, toutes régions, langues, âges et partis politiques confondus, se réjouissent de ce succès. Cela étant,  n’est-il pas intéressant de prendre note du fait, selon les commentateurs spécialisés, la majorité de ces « rougets » dont des secondos, des jeunes gens dont les parents ou grands-parents ont immigré chez nous (on pense à cette occasion à l‘équipe de France rouge-blanc-beur qui a été championne du monde chez les seniors).

 

Ces jeunes sportifs d’élite vont recevoir un  accueil triomphal à leur retour au pays. A combien juste titre. Cela étant, est-il inapproprié de relever que nous avons bien de la chance que ces familles venues de l’étranger se soient aussi bien intégrées et que leurs rejetons portent haut les couleurs suisses au plan international ?

 

Encore un mot, d’actualité : plusieurs de ces champions sont de religion musulmane. Petite question  à 100 francs : que pourront-ils bien penser si, après avoir été fêtés, portés aux nues, l’électeur leur infligeait la gifle d’une décision à l’emporte-pièce inscrivant dans la Constitution fédérale l’interdiction de construire des minarets ? Y trouveront-ils une nouvelle marque de la reconnaissance du pays pour leur succès ?

 

Et dans la foulée : Quid des combats retardateurs des milieux dits nationalistes s’opposant à faciliter la naturalisation des jeunes immigrés(qui n’en sont plus !) de deuxième et troisième génération ?

23:35 Publié dans Suisse | Lien permanent | Commentaires (4)

13/11/2009

Initiative anti-minarets - A rebours des efforts d’intégration !

 

 

Pourquoi faudrait-il soumettre certains bâtiments à d’autres règlements que ceux de la police des constructions ? L’initiative anti-minarets veut interdire ces derniers, en éclatante contradiction avec la liberté et la neutralité religieuses garanties dans notre pays, et au mépris de la paix religieuse qui nous honore. De quoi les initiants ont-ils peur ? Que la minorité liée à l’Islam s’impose de manière arrogante. Ici, a-t-on le droit de relever que, depuis des années, les milieux proches de l’initiative manifestent leur propre arrogance, par des discours stridents et des affiches électorales inacceptables - et ça continue.

 

De plus, ces milieux qui se réclament souvent de liberté, qui tempêtent contre ce qu’ils voient un peu partout comme des ingérences de l’Etat, veulent maintenant que l’Etat brime la liberté d’autres… parce que ces autres ne sont pas comme eux. Le initiants se trompent en affirmant qu’on fera le lit de l’intégrisme en refusant d’interdire des minarets. Au contraire, si on interdisait, les musulmans fondamentalistes auront beau jeu de convaincre leurs coreligionnaires modérés –  la grande majorité – que la Suisse discrimine, au mépris de leurs droits fondamentaux. 

 

Sous couvert d’envolées patriotiques, cette démarche (au Kärcher ?) attise une fois de plus la méfiance, le rejet du différent : cela s’appelle de la xénophobie. Mais où les initiants vont-ils chercher que notre pays risque de perdre son âme chrétienne ? Ce n’est pas aux autres auxquels il incombe de manifester que notre vie suit l’enseignement du Christ, c’est à l’évidence la responsabilité de celles et ceux qui s’y rattachent. Que dire de l’argument de la réciprocité (pas de minarets chez nous tant qu’on ne pourra pas ériger des clochers ailleurs) ? C’est appliquer la loi du talion « Œil pour œil, dent pour dent », très peu chrétienne.  

L’initiative est une bataille aigrie à contre-courant de la réalité suisse d’aujourd’hui. Son objectif insulte les membres de la troisième communauté religieuse du pays, alors qu’il faut plutôt saluer tout ce qui est fait afin de mieux intégrer les personnes d’origines et religions diverses, en particulier par les Commissions Suisses-Etrangers dans de nombreuses localités de ce canton et au-delà, et par tant de démarches personnelles et associatives en faveur d’un meilleur « vivre ensemble ».  

 

08:50 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (10)