15/04/2010

A propos d’équité dans le sport et du sexe/genre

 

Intéressant dossier dans le dernier numéro (mars-avril 2010) du Hastings Center Report, revue d'un institut américain majeur en matière de bioéthique.

En rapport avec de possibles avantages qui, pour être naturels sont néanmoins inéquitables, on trouve un article d'Alice Dreger sur la détermination du sexe dans le sport de compétition, faisant référence notamment à l’athlète d’Afrique du Sud Caster Semenya, vainqueur de courses féminines aux derniers Championnat du monde de Berlin. Un avis - interpellant - propose d'adopter une politique de vérification du genre plutôt que de détermination biologique du sexe, à savoir : si vous avez réellement été élevée comme une fille, vous pouvez concourir chez les femmes. Ce qui demanderait que la communauté sportive internationale apprenne à vivre avec les relativement mnombreuses variations physiologiques parmi les personnes élevées comme des filles.

 

D’un point de vue psychosociologique en tout cas, c’est une option qui a des mérites (notamment si on veut bien considérer les perturbations personnelles que peuvent entraîner chez un(e) athlète, par exemple Caster Semenya, les tumultes autour de son sexe/genre). Je ne saurais dire quelles sont ses chances d’être adoptée. Dreger elle-même note qu’on pourra alors imaginer voire craindre que des gouvernements peu fiables fassent élever comme filles des enfants mâles pour en faire plus tard des athlètes femmes (notre monde montre vraiment des potentialités ébouriffantes  de dérives…). Cela étant, il paraît probable que cet intéressant principe sociologique serait difficile à circonscrire par des critères adéquatement objectifs et précis.

 

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11/04/2010

Lutter contre tout racisme dans le sport – La ferme détermination de l’ACVF

 

La Section juniors, animée avec beaucoup d’engagement par Georges Guinand, de l’Association cantonale vaudoise de football (ACVF) publie un bulletin trimestriel Flash Foot Juniors, qui  a toujours belle allure. La couverture du numéro de mars 2010 présente N. Ben Khalifa et F. Veseli, les deux Vaudois de l’équipe de Suisse des moins de 17ans qui est devenue championne du monde au Nigéria.

 

J’ai été particulièrement frappé par un substantiel éditorial de Dominique Blanc, président de l’ACVF, sous le titre « La seule chose qui différencie un footballeur ou une footballeuse d’un(e) autre, c’est sa façon de jouer ». Avec un plaidoyer fort contre toute manifestation de discrimination sur les terrains, au bord des terrains ou dans les vestiaires. Extraits :

 

« Les investigations scientifiques ont démontré qu’il n’existe qu’un humain et qu’au plan génétique nous sommes tous issus de la même souche. Dans les statuts de nos associations, il est mentionné qu’elles ne connaissent aucune différence sur les origines géographiques ou ethniques de leurs membres. Comment se fait-il alors que l’on entende ou lise encore des commentaires ou provocations à caractère raciste ? (…) Un arbitre de couleur me disait combien il était difficile pour lui de se contenir dans les matches durant lesquels il était « allumé » pour sa couleur de peau. Quand je rentre, relevait-il, j’ai mal au ventre, je m’efforce de ne pas laisser s’installer en moi le ressentiment… [Mais] je suis conscient que c’est le football qui me permet le mieux de m’insérer dans la société et il ne faut pas que je me fâche avec lui ». Remarquable, non ?

 

D. Blanc encore : « L’UEFA a donné le pouvoir aux arbitres d‘arrêter des matches en cas de débordements racistes autour ou sur le terrain. C’est un signal clair qui a réjoui toute la grande famille du football. L’ACVF a été la première région à introduire des sanctions pour propos racistes (…) On est ici dans le domaine de la répression, ce n’est pas celui que nous préférons mais de tels comportements ne doivent pas rester sans sanction. Restons fermes sur la défense des richesses de notre sport : son universalité et son égalité. Le message doit être clair : nous ne connaissons qu’une seule langue, celle du football, nous ne connaissons que la couleur des maillots, nous ne connaissons qu’un passeport, la licence ASF ».

 

Bravo et respect, comme on dit chez nous, pour l’ACVF, ses responsables et toutes celles et ceux qui s’y engagent avec cet état d’esprit et la volonté de faire en sorte que, même dans la chaleur de la compétition sportive et de la volonté légitime de gagner, les joueurs, entraîneurs, parents, toutes et tous, restent corrects, courtois. Maître mot ici, le respect : respect de l’autre, de son intégrité et de ses caractéristiques physiques (y compris la couleur de sa peau), de son origine, de sa langue ou de ce qu’il pense. Qui que nous soyons, on ne peut pas nous demander d’aimer tout le monde mais on doit pouvoir exiger de respecter chacun.

 

La LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) est heureuse depuis 2006 d’être parmi les partenaires du grand tournoi « Graines de foot », qui voit la participation de quelque 7500 juniors (garçons, filles, ainsi que d’équipes dont les joueurs présentent des handicaps), et qui connaît en 2010 sa dixième édition. Et elle est particulièrement honorée que l’ACVF et ses dirigeants accordent à la problématique de la discrimination et du racisme l’importance qu’elle mérite.

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