01/06/2010

Un témoignage fort sur un problème majeur

 

80 à 100 millions de femmes, essentiellement en Afrique, sont victimes de mutilations génitales féminines (MGF), d’excision sous diverses formes plus ou moins délabrantes. Les milieux suisses de la gynécologie s’en préoccupent pour les femmes vivant dans notre pays. La communauté internationale cherche de longue date à agir mais il est clair que ces pratiques, très ancrées culturellement, ne peuvent être minimisées, et ultimement éradiquées, que par les populations concernées elles-mêmes. Et, au sein des populations, ce sont les femmes qui doivent être les moteurs du changement. Parce que, même si un certain nombre d’hommes voient le côté mutilant et opprimant des MGF, beaucoup restent passifs… parce qu’il est dit que l’excision tend à assurer la fidélité de la femme, diminue sa libido. 

 

Invitée par Helvetas pour qui elle est cheffe de projet dans son pays, le Mali, Mariam Namogo a séjourné en Suisse en mai 2010. Au Mali, 85% des femmes sont excisées, trois quarts d’entre elles pensent encore que cette pratique devrait être maintenue. Pourtant, l’excision entraîne chez trois femmes sur dix des conséquences délétères sérieuses, sans compter des relations sexuelles difficiles et des complications à l’accouchement susceptibles de se terminer par la mort de l’enfant, voire de la mère. Contrairement aux pays voisins, le Mali n’a pas encore de loi interdisant l’excision - de toute manière à vrai dire, l’existence d’une loi est assez loin de garantir son application. C’est dire l’importance du travail de groupes engagés, issus de la communauté, soutenus par des ONG. Mariam Namogo décrit de manière forte, dynamique, sage aussi, les efforts qu’elle et ses collègues déploient. Au milieu d’une inertie sociétale, il y a aussi du changement et des motifs d’espérer.

 

Ma famille et moi avons vécu en Afrique tropicale et gardons un souvenir chaleureux de la cordialité, du rire éclatant malgré les vicissitudes de la vie, dans cette partie du monde. En toute simplicité, j’aimerais dire comment entendre Mariam Namogo m’a confirmé dans la conviction que, si on pouvait/voulait bien laisser les femmes donner leur plein potentiel, y compris aux plus hauts postes de responsabilité, elle apporteraient une contribution déterminante aux progrès sur le continent. Impressionnant de savoir que des études solides ont montré qu’une moitié de la population, les femmes, abattent en Afrique les trois quarts du travail (et l’autre moitié donc le quart). Mais aujourd’hui encore c’est surtout en se consacrant aux tâches liées à la vie quotidienne de la famille, pas assez souvent dans des positions d’impulsion et de leadership.

 

 

09:47 Publié dans Monde | Lien permanent | Commentaires (0)

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