25/06/2010

Cesser de traiter les questions de drogue et toxicomanie de manière manichéenne et tunnelisée sur la "guerre"

 

Dans une démarche récente, le Conseiller aux Etats tessinois Dick Marty a eu raison de dire, avec d'autres, que « L’Empereur est nu » s'agissant des doctrines purement punitives et répressives en matière de drogue. Les politiques jusquauboutistes sont, on le voit depuis des décennies, des impasses. La « War on Drugs » des Etats-Unis a fait le lit des dérives meurtrières auxquelles on assiste aujourd’hui (y compris à la frontière mexicaine) et soutient de routine des régimes durs et « peu sensibles » (c'est un grand euphémisme) aux droits de l’homme.

 

On reste songeur devant la myopie de nos beaux esprits "rigoureux" qui, focalisés sur nos cultures, ne veulent absolument pas voir que le cannabis est consommé dans d’autres régions comme l’alcool par la plupart de ses usagers chez nous – étant entendu que l’alcool entraîne des problèmes graves chez une minorité, mais on ne l’a pas interdit pour autant jusqu’ici. Ou que la feuille de coca mérite notre respect comme un ingrédient légitime de la vie quotidienne dans les Andes (dans des populations très pauvres, elle aide à lutter contre la fatigue et diminue la faim). Cela étant, la manière dont la lutte est menée depuis un siècle contre des produits exotiques - parce qu'ils sont exotiques! - est inepte. A l’époque elle est a été lancée dans la foulée de la Prohibition anti-alcool aux USA, qui a fait naître des mafias qui ont gardé pignon sur rue et a vite dû être rapportée tant ses effets collatéraux étaient désastreux. Mais, s’agissant de substances venues d’ailleurs, on maintient une croisade insensée par sa violence et son manque de justifications adéquates. Qui, aujourd’hui, est poursuivie notamment parce que des centaines de milliers, des millions, de « gendarmes » (tous les acteurs de cette guerre ici et ailleurs) et de « voleurs » (les trafiquants) en tirent leur gagne-pain. Triste.

 

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22/06/2010

La France en Coupe du monde

Nos voisins hexagnoaux sont sous le choc de la contre-performance des Bleus en Afrique du Sud au cours des dix derniers jours. On les comprend et on sympathise.

Toutefois, si on se souvient de la manière dont nos bons amis se sont qualifiés (ce sont les Irlandais qui auraient dû être de la fête), on pourrait aussi penser "Y a quand même une justice quelque part".

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01/06/2010

Un témoignage fort sur un problème majeur

 

80 à 100 millions de femmes, essentiellement en Afrique, sont victimes de mutilations génitales féminines (MGF), d’excision sous diverses formes plus ou moins délabrantes. Les milieux suisses de la gynécologie s’en préoccupent pour les femmes vivant dans notre pays. La communauté internationale cherche de longue date à agir mais il est clair que ces pratiques, très ancrées culturellement, ne peuvent être minimisées, et ultimement éradiquées, que par les populations concernées elles-mêmes. Et, au sein des populations, ce sont les femmes qui doivent être les moteurs du changement. Parce que, même si un certain nombre d’hommes voient le côté mutilant et opprimant des MGF, beaucoup restent passifs… parce qu’il est dit que l’excision tend à assurer la fidélité de la femme, diminue sa libido. 

 

Invitée par Helvetas pour qui elle est cheffe de projet dans son pays, le Mali, Mariam Namogo a séjourné en Suisse en mai 2010. Au Mali, 85% des femmes sont excisées, trois quarts d’entre elles pensent encore que cette pratique devrait être maintenue. Pourtant, l’excision entraîne chez trois femmes sur dix des conséquences délétères sérieuses, sans compter des relations sexuelles difficiles et des complications à l’accouchement susceptibles de se terminer par la mort de l’enfant, voire de la mère. Contrairement aux pays voisins, le Mali n’a pas encore de loi interdisant l’excision - de toute manière à vrai dire, l’existence d’une loi est assez loin de garantir son application. C’est dire l’importance du travail de groupes engagés, issus de la communauté, soutenus par des ONG. Mariam Namogo décrit de manière forte, dynamique, sage aussi, les efforts qu’elle et ses collègues déploient. Au milieu d’une inertie sociétale, il y a aussi du changement et des motifs d’espérer.

 

Ma famille et moi avons vécu en Afrique tropicale et gardons un souvenir chaleureux de la cordialité, du rire éclatant malgré les vicissitudes de la vie, dans cette partie du monde. En toute simplicité, j’aimerais dire comment entendre Mariam Namogo m’a confirmé dans la conviction que, si on pouvait/voulait bien laisser les femmes donner leur plein potentiel, y compris aux plus hauts postes de responsabilité, elle apporteraient une contribution déterminante aux progrès sur le continent. Impressionnant de savoir que des études solides ont montré qu’une moitié de la population, les femmes, abattent en Afrique les trois quarts du travail (et l’autre moitié donc le quart). Mais aujourd’hui encore c’est surtout en se consacrant aux tâches liées à la vie quotidienne de la famille, pas assez souvent dans des positions d’impulsion et de leadership.

 

 

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