23/08/2010

Prédiction et prévention en médecine

On a annoncé récemment la découverte par des chercheurs belges d’une méthode permettant de prédire une évolution vers la démence de type Alzheimer; cela illustre les résultats importants auxquels peut mener la science. On a alors envie de penser qu’on est proche de la prévention de la maladie alors qu'en fait on en est loin - en  tout cas il n’y a pas forcément de rapport entre l’une et l’autre chose. Avant d'envisager de mettre en oeuvre un dépistage systématique au sein d'une population, un certain nombre de critères doivent être satisfaits, notamment de nature éthique. Un tel critère majeur est qu’on doit pouvoir tirer des suites pratiques pertinentes de la découverte d‘une pré-maladie : il est impératif de disposer d’un moyen thérapeutique améliorant significativement le pronostic de l’affection dépistée. De plus, le système de santé du pays doit être en mesure d’appliquer ce moyen à ceux qui le nécessiteraient. Si ces conditions ne sont pas remplies, on découvre des signes selon quoi des personnes ont - vraisemblablement - un avenir qui sera marqué par telle maladie et ceci sans pouvoir les aider. En termes bruts, on annonce une mauvaise nouvelle, cas échéant des années avant le déclenchement de la pathologie, et on ne peut apporter - au mieux - qu’un soutien moral… Alors que sans dépistage ces personnes vivraient sereinement, sans épée de Damoclès sur leur tête et sans les soucis graves ou la dépression que cette annonce entraîne. Ensuite, si on peut répondre positivement aux questions ci-dessus, il convient d'examiner la complexité et le coût (rapport coût-bénéfice) liés à l'objectif d'atteindre l'ensemble de la population qui devrait être testée.

21:28 Publié dans Médecine | Lien permanent | Commentaires (0)

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