30/03/2011

Voir loin - Gouvernance mondiale, impératif prospectif et éthique

Il y a dix ans, à la Constituante vaudoise, avec d'autres j’ai oeuvré activement pour la présence dans notre charte fondamentale d’un Conseil de l’avenir. Surprise : l’assemblée a accepté le principe, inscrivant un organe de prospective à son article 72 - et le peuple a accepté.

 

Les « réalistes » ironisaient. Ce Conseil serait-il un quatrième pouvoir, qui allait lui aussi brimer le citoyen ? On soulevait - quelle que soit l’échelle, du canton au monde - le spectre de la « république des sages », on encensait l’axiome des conservateurs non-éclairés, à savoir le droit de chacun et de chaque entreprise de faire tout et n’importe quoi, et du profit sans égard pour les impacts sociétaux.

 

Il est intéressant de noter, dans la foulée du sérieux accident de Fukushima, comment les observateurs et certains décideurs mettent derechef le doigt sur un caractère de course à l’aveugle des évolutions actuelles (Georges-André Chevallaz à l’époque, pourtant pas un progressiste échevelé, relevait que nous ne savons pas où nous allons mais que nous y allons très vite). Est souligné le besoin d’une gouvernance mondiale qui soit tant soit peu à distance des contraintes des pouvoirs qui nous servent jusqu’ici : qui s’attache vraiment au  moyen et surtout long terme, sans être sous la pression constante d’impératifs électoralistes - et qui donne plus d’attention à ce qui se passe, et est pertinent, à l’extérieur des frontières nationales voire continentales. Qui ait des compétences au plan scientifique et de prospective (y compris dans un sens de précaution), mais aussi éthiques. Avec la notion que ces compétences soient assorties de prérogatives (dans certains cas un droit de veto ?).

 

Les « réalistes » ironisent bien entendu. Combien de temps encore convient-il de les regarder sourire avant d’agir ?

 

08:19 Publié dans Monde | Lien permanent | Commentaires (0)

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