30/03/2011

Voir loin - Gouvernance mondiale, impératif prospectif et éthique

Il y a dix ans, à la Constituante vaudoise, avec d'autres j’ai oeuvré activement pour la présence dans notre charte fondamentale d’un Conseil de l’avenir. Surprise : l’assemblée a accepté le principe, inscrivant un organe de prospective à son article 72 - et le peuple a accepté.

 

Les « réalistes » ironisaient. Ce Conseil serait-il un quatrième pouvoir, qui allait lui aussi brimer le citoyen ? On soulevait - quelle que soit l’échelle, du canton au monde - le spectre de la « république des sages », on encensait l’axiome des conservateurs non-éclairés, à savoir le droit de chacun et de chaque entreprise de faire tout et n’importe quoi, et du profit sans égard pour les impacts sociétaux.

 

Il est intéressant de noter, dans la foulée du sérieux accident de Fukushima, comment les observateurs et certains décideurs mettent derechef le doigt sur un caractère de course à l’aveugle des évolutions actuelles (Georges-André Chevallaz à l’époque, pourtant pas un progressiste échevelé, relevait que nous ne savons pas où nous allons mais que nous y allons très vite). Est souligné le besoin d’une gouvernance mondiale qui soit tant soit peu à distance des contraintes des pouvoirs qui nous servent jusqu’ici : qui s’attache vraiment au  moyen et surtout long terme, sans être sous la pression constante d’impératifs électoralistes - et qui donne plus d’attention à ce qui se passe, et est pertinent, à l’extérieur des frontières nationales voire continentales. Qui ait des compétences au plan scientifique et de prospective (y compris dans un sens de précaution), mais aussi éthiques. Avec la notion que ces compétences soient assorties de prérogatives (dans certains cas un droit de veto ?).

 

Les « réalistes » ironisent bien entendu. Combien de temps encore convient-il de les regarder sourire avant d’agir ?

 

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28/03/2011

La modestie du champion et son engagement contre toute discrimination

J'attire l'attention sur un courrier de lectrice de Andréa Rajman, paru dans 24 Heures du 28 mars : 

C'était de la chance d’entendre, lundi 21 mars au Musée olympique, le débat de Frankie Fredericks, ancien champion du monde de sprint, avec Jean-Philippe Rapp - ainsi qu’avec M. Poul Hansen, successeur d’Adolf Ogi au poste de délégué de l’ONU pour le sport au service de la paix et du développement - ont été impressionnées par le côté humain, modeste, de ce grand champion. Excellente chose que le vernissage de l’exposition « Hope » coïncide avec la Semaine d’actions contre le racisme qu’organise avec plusieurs partenaires le Bureau lausannois de l’intégration. Chaque jour montre comment le sport est devenu un phénomène majeur (un ensemble de phénomènes) au niveau mondial. Il connaît ses excès et ses dérapages mais il est aussi porteur de grands espoirs, notamment pour des personnes ou régions défavorisées, comme la Namibie de Frankie F. Lors du débat, Jacques Rogge, président du CIO, a été cité disant « Le CIO a le devoir moral de mettre le sport au service de l’humanité ».

 

Parmi les stars, certains « prennent la grosse tête » alors que d’autres restent à l’écoute, proches des gens. Avec aussi, comme Frankie F., une dimension de citoyen du monde, assumant une responsabilité sociale, cherchant à apporter leur pierre à un monde moins inégal, moins violent, respectueux des autres et qui ne connaît plus de multiples formes de discrimination. La Ligue contre le racisme est l’antisémitisme est très encouragée dans son action par l’exemple que donnent ces champions qui sont, comme cela  a été dit, des « role models » - des modèles pour les autres, notamment les jeunes, par les rôles qu’ils illustrent.

 

 

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