07/10/2011

Les grands progrès qu'on doit à l’éducation sexuelle

Chacun a le droit strict d’avoir ses idées sur l’éducation sexuelle à l’école et les moyens mis en œuvre. Toutefois, les réserves qu’on peut émettre sont une chose, les faits en sont une autre. Ainsi, il est bien démontré que les jeunes qui ont bénéficié d’éducation sexuelle ont des relations sexuelles moins précoces, moins fréquentes et moins à risque que leurs congénères qui n’en ont pas eu. N’est-ce pas là un résultat qui doit satisfaire les promoteurs d’une éducation moderne comme ceux qui, de longue date, imaginent qu’informer et dialoguer à propos de sexualité, c’est ouvrir la porte à la débauche. Les craintes grotesques et les blocages puritains d’une partie notable de la population des Etats-Unis à cet égard valent à ce pays les taux les plus navrants de grossesses chez les adolescentes. Occasion de rappeler que, depuis trente ans, le nombre d’interruptions de grossesse en Suisse a nettement baissé, d’un tiers ; on le doit en particulier à l’éducation sexuelle mise en place. Il faut rappeler que les grandes difficultés liées à une information insuffisante (moralisante, « sélective », on ne touche pas les sujets délicats) sont plus fréquentes dans les milieux défavorisés. Comme médecin cantonal qui avait à suivre le dossier de l’interruption de grossesse, j’ai constaté chez certaines jeunes filles un véritable « analphabétisme » sexuel, menant aux relations non consenties, troubles psycho-sociaux et malheurs qu’on sait. Le différentiel social des risques de problèmes comme, à l’inverse, des chances de disposer des moyens de se sortir d’un mauvais pas, est ici majeur. Enfin, faut-il rappeler un effet actuel d’un certain « libéralisme », à savoir la marée pornographique sur la toile, à laquelle les jeunes aussi trouvent accès. En plus de ses mérites déjà démontrés, l’éducation sexuelle dès l’école contribue à contrecarrer les effets délétères de ces dérives.

 

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