02/12/2011

Violence et racisme dans le sport: agir avec fermeté

 

 

 

La Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (LICRA), que j'ai le plaisir de présider, dit son estime aux dirigeantsdel’Association cantonale vaudoise de football (ACVF) pour leur engagement à lutter contre toutes les incivilités : violence, mépris, racisme, sur les terrains et autour des terrains – car les pires semeurs de méchancetés sont souvent autour des stades ou dans les tribunes !

 

La LICRA est fière d’être depuis cinq ans partenaire de « Graines de foot », le grand tournoi juniors de l’ACVF. Une coupe LICRA a été donnée à une équipe qui s’illustrait par la bonne intégration de joueurs d’origines, de langue et de religion différentes. A la suite du malheureux match Cugy-Talent, nous avons été heureux de répondre à une invitation de l’association à participer à un groupe de réflexion. Là encore, la volonté d’agir m’a impressionné.

 

On est en présence de plusieurs types de comportements inacceptables : quolibets et remarques méprisantes, « croche-pattes » et coups, objets qu’on lance... Lorsque j’étais médecin cantonal, j’ai pu voir comment un domaine qui demande des sanctions catégoriques a longtemps été ignoré : les abus sexuels. Ils vont des remarques salaces (qu’on croit drôles) à l’endroit des filles et des gestes détestables sous la douche ou ailleurs, et aux abus caractérisés : les contacts imposés à des jeunes qui ne comprennent pas vraiment ce qui leur arrive et sont « bloqués » et n’osent pas réagir, à cause de la force ou de l’autorité d’un plus grand ou d’un adulte

 

Le message majeur, c’est qu’on a toujours le droit de dire non (comme on voit sur les stades « Say No to Racism !»). Si l’attitude ou les actions d’un camarade ou d’un adulte sont perturbantes, il faut le dire ! Ne pas attendre avant de signaler à une personne de confiance (parents, enseignant, médiateur scolaire, adulte au sein du club ou à l’extérieur) qu’il se passe des choses qui déplaisent pas, font du mal - physiquement ou psychologiquement. Il y a quelques années, une animation canadienne intitulée « Bouches cousues », soulignait qu’il fallait oser parler, « découdre les bouches ». Il s’agit d’encourager les moins forts, ceux qui parfois n’ont pas une bien bonne estime d’eux-mêmes, à agir en refusant ce qui est insultant ou douteux.

 

Dans ce domaine : clarté, dialogue, si nécessaire médiation. Refuser absolument de camoufler ce qui est condamnable ou simplement discutable – y compris si la personne inadéquate est un copain, un type très populaire ou je ne sais quel notable. Affirmer la tolérance zéro face à la violence, l’insulte ou le racisme.

 

La loi vaudoise sur la protection des mineurs est claire. A certaines professions (de la santé et du social, de l’enseignement), elle fait obligation de signaler les mauvais traitements d’enfants, de n’importe quel genre. Or, elle donne le même devoir aux intervenants dans le domaine du sport, qui ne peuvent donc pas garder pour eux les situations de violence ou d’abus dont ils auraient connaissance.

 

 

13:38 Publié dans Sports | Lien permanent | Commentaires (0)

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