06/02/2012

Interculturalité

 

Ma famille et moi avons vécu huit ans outremer, il y a longtemps ; j’ai coutume de dire que cela nous a marqués au long des décennies qui ont suivi. Entre autres choses, en ces temps de xénophobie (qui toutefois, et ça fait du bien, semble s’essouffler tant soit peu), je souligne avoir toujours trouvé enrichissant de rencontrer des personnes, de rendre visite à des sociétés, qui ont des cadres socio-culturels différents du nôtre.

 

J’ai été intéressé par la lecture de « La migration comme métaphore » (Ed. La Dispute, Paris, 2011), le nouveau livre de Jean-Claude Métraux, pédopsychiatre qui a travaillé trois ans au Nicaragua en guerre à la fin des années 1980, puis a créé Appartenances, à Lausanne et est  une figure de la  scène des soins aux personnes migrantes. Ouvrage très nourrissant, en trois parties : une première où il parle de ses propres migrations, de celle de ses parents/grands-parents avant lui (en Suisse romande) et des dynamiques migratoires ; une deuxième où il critique les approches adoptées chez nous dans le passé récent. La troisième rassemble des considérations importantes pour la qualité de l’action des aidants concernés, qu’ils soient du domaine de la santé, du social ou de l’éducation.

 

Nous sommes tous attachés à notre héritage historico-culturel. J’y pensais il y a peu en assistant à un concert des Fifres et Tambours des Collèges lausannois, un corps auquel j’appartenais il y a tantôt 60 ans… Beaucoup de plaisir, j’aime cette conjonction de deux instruments seulement (dont un guère mélodique) ; il est vrai qu‘ils étaient surtout présents dans le passé dans la vie militaire et sur les champs de bataille, mais ils sont aussi une marque principale de l’incomparable Carnaval de Bâle. Ai rencontré un ami tambour de l’époque qui me disait qu’un de ses petits-fils avait intégré ce corps de musique, sans savoir que son grand-père y avait été (ça fait toujours plaisir). Et j’ai pensé à nos propres petits-enfants, qui vivent près de New York. Ils viennent chaque année un mois en Suisse et savent qu’ils sont aussi Suisses, mais il reste que leur vie est celle de petits Etats-uniens. L’idée me traversait que, s’ils étaient ici, ils pourraient participer à ces traditions vaudoises ou helvétiques auxquelles, tout en me pensant citoyen du monde, je reste attaché. 

 

Le Dr J.-C. Métraux dans le livre susmentionné, souhaite entre les migrants et la société d’accueil la « co-construction d’un monde de sens partagé, d’un espace commun » et souligne l’importance essentielle de la reconnaissance mutuelle -  dans les deux sens de la reconnaissance qui sert à identifier et de celle qui a une dimension de mutualité. Important donc que je comprenne que mes petits-enfants sont partiellement seulement des petits Suisses (que leur enfance ne saurait être comparable à la mienne !) et que, ensemble, nous avons à  « co-construire » quelque chose (les choses d’ailleurs ne se présentent pas mal).

 

Une minute cinéma encore, pour évoquer « Intouchables », film roboratif qui nous encourage à penser que des cultures  différentes  - différentes à plusieurs égards – peuvent se conjuguer pour que ça marche.

 

 

21:03 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

"Une minute cinéma encore, pour évoquer « Intouchables », film roboratif qui nous encourage à penser que des cultures différentes - différentes à plusieurs égards – peuvent se conjuguer pour que ça marche."

Je prends une grande respiration par voie nasale et je laisse l'air ressortir très lentement. Cela calme, c'est un truc que nous donnait notre prof de grec il y a plus de 40 ans quand les versions qu'il nous donnait à traduire étaient vraiment diffciles. Elle l'étaient toutes, bien sûr. Merci, M.Müller.

Cela ne m'amuse pas de faire une critique de gauche. Cela vous a t-il traversé la tête que le serviteur était noir et le maître blanc ? Vous voyez le sens que cela donne à votre conclusion que j'ai mis en exergue ?

Écrit par : Géo | 07/02/2012

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