30/03/2012

La diversité, valeur suisse

Comme chaque année, le 21 mars dernier était la Journée internationale contre le racisme. Pour la sixième fois, la ville de Lausanne, avec la collaboration du canton et d’une dizaine d’associationset dans un cadre étendu aux cantons latins, mettait sur pied un programme d’animation, placé sous le titre « La diversité, une valeur suisse ». Formule particulièrement pertinente. En effet, la Suisse c’est la diversité, depuis toujours ! Linguistique, religieuse, culturelle, d’habitudes civiques et communautaires, d’environnement physique. Cette diversité s’est accrue depuis un demi-siècle par une immigration importante, qui a rendu de grands services à notre économie et nous a enrichis socialement. La différence, c’est intéressant!

 

Entre autres choses, les organisateurs offraient des sets de table attrayants sur ce thème, utilisés dans des restaurants ainsi que des cantines scolaires, contribuant à passer le message de la nécessaire compréhension entre tous les résidents de notre pays, quelles que soient leurs origines. En pratique, on peut se féliciter de ce que, le plus souvent, les choses se passent bien, que la bonne entente est à l’ordre du jour. C’est l’occasion de souligner qu'il n’y a pas une seule manière d’être « un bon Suisse », comme certains aimeraient nous le faire croire… mais ces manières sont diverses, comme l’est le pays.

 

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07/03/2012

Paradoxe des primaires républicaines

Aux Etats-Unis, les primaires républicaines sont marquées par un rôle majeur de questions qui n’ont rien à voir, ou bien peu, avec les qualités requises pour conduire le pays. Très au delà du fair play, les candidats mènent des attaques fratricides tout en invoquant leurs convictions religieuses. Newt Gingrich, à son troisième mariage et après une « carrière » assez libre dans ce domaine, se fait chantre des valeurs chrétiennes et familiales. Rick Santorum, catholique fervent qui a fragilisé ces dernières semaines la probable désignation de Mitt Romney, proclame des principes rigides, « hors-sol » pourrait-on dire, et refuse absolument l’interruption de grossesse, y compris après un viol. Tous s’opposent à la contraception et à l’éducation sexuelle dans les écoles, dont pourtant l’absence ou la faiblesse rendent compte d’un taux élevé de grossesses adolescentes.

 

L’interruption de grossesse est un exemple frappant d’intrusion inappropriée dans le processus politique. Depuis un arrêt de la Cour Suprême de 1973, elle est admise mais la « droite chrétienne » est en croisade permanente contre ce laxisme à son sens homicide. Les candidats républicains se voient contraints de faire preuve de vertu fondamentaliste, laissant entendre qu’ils voudraient voir de tels principes régir la vie publique. Dans le même temps, éclatant paradoxe, tous revendiquent agressivement moins d’Etat, tempêtant contre l’hypertrophie du Gouvernement fédéral et invoquant la liberté sans entraves promise aux pionniers par la Constitution de1787. 

 

Ainsi, des libertariens font de la position sur des questions de conscience personnelle et privée, sans rapport avec les compétences attendues d’un chef d’Etat, un facteur déterminant de leur vote à venir. En réalité, Rick Santorum et d’autres voudraient une société régie sur un mode théocratique alors même qu’ils n’ont  pas de mots assez durs pour les islamistes qui dans d’autres pays souhaitent la même chose.

 

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