08/04/2014

Le Président Gauck a raison

 

Merci au Président Joachim Gauck pour sa franchise. Bien sûr que la démocratie directe à la suisse présente des risques de dérive. Bien sûr que la sacralisation du suffrage universel à tout propos est préoccupante. On a  vu dans le passé récent comment une propagande agressive, dirigée contre celles et ceux que pourtant on a élus pour nous représenter (« tous pourris »…), peut  convaincre  une majorité de voter des textes contraires au droit international ratifié par notre pays (et ceux qui nous sont comparables) et/ou à l’intérêt général. Je dis souvent avoir de la tendresse pour ce pays et son organisation politico-sociale mais nous ne sommes plus ni en 1291, ni à l’époque de l’Acte de médiation et le modèle a atteint ses limites. Comment ne pas être inquiet quand des initiants ou référendaires dynamiques font convoquer l’ensemble de l’électorat pour voter (par oui ou non, en noir ou blanc, sans nuance possible) sur, par exemple, des dispositions spécifiques du code pénal ou des enjeux internationaux demandant une évaluation qui aille un rien au-delà de ce qu’on peut décider au Café du Commerce. Cela étant, on continuera à le faire, il est tabou d'aller dans le sens de  M. Gauck.  Evidemment suicidaire pour un notable  de s’aventurer à dire que, sans pour autant négliger ses mérites (il en a), notre système devrait tant soit peu être aménagé, pour éviter des dérapages qui menacent une coexistence respectueuse, vis-à-vis de l’extérieur et aussi au sein du pays.  

 

11:43 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

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