21/07/2014

Humanisme dans les soins

 

En juin, la Haute Ecole de la santé la Source organisait un colloque multidisciplinaire sur le thème « La pratique humaniste (caring) dans tous ses états ». Avec la participation d’enseignantes universitaires québécoises des soins infirmiers. J’ai été intéressé par le propos de Chantal Verdon sur la relation soignant-soigné selon l’approche de Gabriel Marcel (1889-1973, philosophe français). La problématique de savoir, dans une relation, jusqu’où il y a lieu d’aller vis-à-vis de l’autre est bien connue. G. Marcel  met l’accent sur l’importance de partir de soi, de porter un regard sur soi pour comprendre et prendre soin des autres. Il faut s’aimer soi-même pour pouvoir aimer l’autre. En miroir, relève-t-elle : « Les autres nous traitent comme on se traite soi-même ».  

 

Pour le senior qui rédige ces lignes, ces éléments, qu’il s’est efforcé d’intégrer dans sa vie professionnelle mais plutôt tard, illustrent un modèle éloigné de celui de la vocation  totalement consacrée aux autres, parfois en se mortifiant, par la frugalité , l’indifférence à soi, la surcharge de labeur, le renoncement aux loisirs. Paradigme qui paraissait l’idéal à rechercher pour être un médecin/soignant impeccable. Ce qui ne veut pas dire à mon sens, nota bene, que se consacrer entièrement à son travail soit forcément faux, critiquable. Je continue à penser que c’est une option mais cela doit être un choix –et  un choix qui n’entraîne pas d’effets secondaires  négatifs sérieux, pour les patients et/ou pour les proches du soignant.

 

Chantal Verdon : « Au contact des patients, je découvre qui je suis ». Elle a travaillé plusieurs années dans l’accompagnement à domicile de familles endeuillées et dit que, en route pour ces visites, elle se demandait souvent « Que vais-je découvrir sur moi durant cette rencontre ? ».  Bon en tout cas de se poser la question de savoir ce que j’ai en commun avec l’autre. Une remarque de Ch. Verdon sur la propension des professionnels à ne pas laisser parler (suffisamment) les malades : « Si vous cherchez quoi dire, ne parlez pas » ; « Si toujours on veut parler, on tend à faire pression sur l’autre ». 

A noter qu'on ne devrait néanmoins pas négliger ici un rôle actif du soignant. Dans une optique pédagogique, de ce qu'on appelle éducation thérapeutique , il est judicieux de vouloir bien informer l’autre. Question là de relation équilibrée, d’interaction dans le respect – respect qui de plus en plus me semble être la valeur première.

 

 

 

15:07 Publié dans Médecine | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

Elisabeth Kübler-Ross vouée à ses malades en étapes ou phases terminales un jour se rendit compte qu'à ne s'occuper pratiquement que des autres elle avait fini par ne plus s'entendre, s'écouter elle-même... souffrante et malade. Respect, la valeur première, écrit M. Jean Martin. Le problème est que la réponse à la question du respect de soi-même comme de l'autre, et vice versa, vies privées, relationnelles et professionnelles... n'est pas forcément au beau fixe.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 23/07/2014

@Madame Belakowsky un très beau livre la Source noire a retenu mon attention juste avant la maladie de mon mari.Maladie que j'ai pris tellement à cœur que j'ai même sans faire exprès et ce en lui faisant des massages chaque jour pour le préparer au grand départ. ingurgité toutes ces angoisses et tellement qu'en trois ans j'ai perdu 25 kilos .
Il s'en est allé détendu et confiant tandis que complètement perdue et anémiée j'ai dû me reconstruire et me re-découvrir une personnalité abandonnée déjà dès la petite enfance
Aussi j'abonde entièrement à votre commentaire

Écrit par : lovsmeralda | 23/07/2014

Les commentaires sont fermés.