31/07/2014

ça suffit!

Dans l'hebdomadaire "Marianne" du 25 juillet, article de Jean-Franços Kahn intitulé "Ultras pro-palestiniens, ultras pro-israéliens, ça suffit!".

Titre repris vigoureusement sur la couverture du magazine.

Je ne suis pas toujours d'accord avec J.-F. Kahn mais, dans le cas particulier: si juste.

28/07/2014

Einstein et la marche du monde (I)

 

Lecture de vacances… Je me suis plongé dans un recueil d’Albert Einstein (1879-1955), découvreur des lois de la relativité, prix Nobel 1921 - et qui a eu la nationalité suisse de 1901 à sa mort (1). Il s’agit de textes écrits entre 1930 et 1935. Cinq chapitres : le premier intitulé « Comment je vois le monde », les suivants traitant de son pacifisme affirmé, de son engagement contre le national-socialisme (alors que beaucoup restaient timorés), de son attachement à la communauté juive. 

 

Illustrations de ce qu’Einstein se sentait citoyen du monde et était très soucieux de l’instauration d’une convivialité planétaire. Véritable « honnête homme ». Avec des notations qui restent très actuelles.

 

Vivre – Pratique, éthique

 

« Je n’ai jamais considéré le plaisir et le bonheur comme une fin en soi. En revanche des idéaux ont suscité mes efforts et m’ont permis de vivre. Ils s’appellent le bien, le beau, le vrai (…) Si je ne me m’obstine pas inlassablement à poursuivre cet idéal, pourtant inaccessible, la vie n’a aucun sens pour moi. »  "Chaque jour, mille fois, je ressens ma vie, corps et âme, intégralement tributaire du travail des vivants et des morts. Je voudrais donner autant que je reçois et je ne cesse de recevoir ».

 

«  La vertu républicaine correspond à mon idéal politique. Chaque vie incarne la dignité de la personne humaine, et aucun destin ne justifierait une quelconque exaltation de quiconque. Or, le hasard s’amuse de moi, car les hommes me témoignent une invraisemblable et excessive admiration ».

 

« Je me pose une très vieille question. Que dois-je faire quand l’Etat exige de moi un acte inadmissible, une attitude que ma conscience rejette ? Je suis totalement dépendant de la société où je vis, donc je devrais me soumettre ? …  Cette pensée dément violemment le sentiment inné de la justice. »

Le pacifiste – A propos de nationalisme, de politique, de droits des gens  

 « Je hais violemment l’héroïsme sur commande, la violence gratuite et le nationalisme débile. La guerre est la chose la plus méprisable »

 

« N’importe où, en quinze jours, une campagne de presse peut exciter une population incapable de jugement à un tel degré de folie que les hommes sont prêts à s’habiller en soldats pour tuer et se faire tuer ». Quatre-vingt ans plus tard, les effets potentiels des campagnes médiatiques d’un type ou de l’autre restent comparables, mutatis mutandis. A quoi s’ajoutent internet et la galaxie des réseaux sociaux, qui peuvent exciter une population dans le monde entier, et en quinze heures plutôt que quinze jours.

 

 « Les politiciens réactionnaires ont réussi, en agitant le spectre d’un danger extérieur, à sensibiliser l’opinion publique contre toutes les activités des intellectuels. Ils essaient maintenant d’interdire la liberté de l’enseignement. Que doit faire la minorité intellectuelle contre ce mal ? Je ne vois qu’une voie possible : celle de la désobéissance civile, celle de Gandhi ».

 

Des aphorismes. « L’effort d’unir sagesse et pouvoir aboutit rarement et seulement très brièvement ». « Pour être un membre irréprochable parmi une communauté de moutons, il faut être soi-même un mouton ».

 

11:09 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (2)

21/07/2014

Humanisme dans les soins

 

En juin, la Haute Ecole de la santé la Source organisait un colloque multidisciplinaire sur le thème « La pratique humaniste (caring) dans tous ses états ». Avec la participation d’enseignantes universitaires québécoises des soins infirmiers. J’ai été intéressé par le propos de Chantal Verdon sur la relation soignant-soigné selon l’approche de Gabriel Marcel (1889-1973, philosophe français). La problématique de savoir, dans une relation, jusqu’où il y a lieu d’aller vis-à-vis de l’autre est bien connue. G. Marcel  met l’accent sur l’importance de partir de soi, de porter un regard sur soi pour comprendre et prendre soin des autres. Il faut s’aimer soi-même pour pouvoir aimer l’autre. En miroir, relève-t-elle : « Les autres nous traitent comme on se traite soi-même ».  

 

Pour le senior qui rédige ces lignes, ces éléments, qu’il s’est efforcé d’intégrer dans sa vie professionnelle mais plutôt tard, illustrent un modèle éloigné de celui de la vocation  totalement consacrée aux autres, parfois en se mortifiant, par la frugalité , l’indifférence à soi, la surcharge de labeur, le renoncement aux loisirs. Paradigme qui paraissait l’idéal à rechercher pour être un médecin/soignant impeccable. Ce qui ne veut pas dire à mon sens, nota bene, que se consacrer entièrement à son travail soit forcément faux, critiquable. Je continue à penser que c’est une option mais cela doit être un choix –et  un choix qui n’entraîne pas d’effets secondaires  négatifs sérieux, pour les patients et/ou pour les proches du soignant.

 

Chantal Verdon : « Au contact des patients, je découvre qui je suis ». Elle a travaillé plusieurs années dans l’accompagnement à domicile de familles endeuillées et dit que, en route pour ces visites, elle se demandait souvent « Que vais-je découvrir sur moi durant cette rencontre ? ».  Bon en tout cas de se poser la question de savoir ce que j’ai en commun avec l’autre. Une remarque de Ch. Verdon sur la propension des professionnels à ne pas laisser parler (suffisamment) les malades : « Si vous cherchez quoi dire, ne parlez pas » ; « Si toujours on veut parler, on tend à faire pression sur l’autre ». 

A noter qu'on ne devrait néanmoins pas négliger ici un rôle actif du soignant. Dans une optique pédagogique, de ce qu'on appelle éducation thérapeutique , il est judicieux de vouloir bien informer l’autre. Question là de relation équilibrée, d’interaction dans le respect – respect qui de plus en plus me semble être la valeur première.

 

 

 

15:07 Publié dans Médecine | Lien permanent | Commentaires (2)