05/08/2014

Einstein et la marche du monde (II)

 

Croissance économique et technologique –  Des correctifs à apporter ?  « Le problème de la répartition du travail et des produits fabriqués s’avère de plus en plus difficile. Le libre jeu des forces économiques, l’effort désordonné et sans frein des individus pour acquérir et dominer, ne conduisent plus à une solution supportable (..) il s’agit d’éviter la disparition menaçante des ressources productives, l’appauvrissement et le retour à l’état sauvage d’une grande partie de la population ».

 

 A noter que Einstein juge souhaitable un ordre planifié de la production des biens et de l’emploi de la main d’œuvre… Les années qui ont suivi ont montré les limites de ces volontés de planification (surtout en Europe orientale mais pas seulement) ; il convient ici de se souvenir de l’attrait qu’exerçait, chez beaucoup d’intellectuels occidentaux dans les années 1930-40, ce que tentaient les régimes socialistes.

 

Pour une gouvernance plus large que celle des Etats-nations. Une propédeutique des esprits! De manière répétée, Einstein veut réfléchir au-delà des nationalismes belliqueux qu’il observe, pour aller vers plus de coopération et de mise en commun. « Notre continent ne peut surmonter ses problèmes qu’en dépassant ses traditionnels conflits de systèmes politiques. L’organisation européenne se renforcerait et la suppression des barrières douanières s’intensifierait. Cet objectif supérieur ne dépend pas de simples conventions étatiques. Il y faut d’abord une propédeutique des esprits. Eveillons chez les hommes un sentiment de solidarité qui ne s’arrête pas aux frontières ».

 

« Chaque peuple doit comprendre et vouloir les limitations nécessaires de son droit de souveraineté (…) Aura-t-on besoin encore de nouvelles catastrophes pour inciter les Etats à s’engager [dans ce sens] ?». Disant cela, Einstein veut principalement éloigner le spectre de la guerre ;  aujourd’hui, ce besoin de transfert de parties de la souveraineté des Etats est très actuel an plan de la survie « durable » de la société humaine et de la planète.

 

 Il appelle de ses vœux la mise sur pied de Commissions internationales de justice et d’arbitrage, dont les Etats s’engageraient formellement et irrévocablement à suivre les arrêts. Idéaliste/irréaliste, ce qui s’est passé depuis lors n’autorise guère à y croire - même si la Cour pénale internationale a été créée et a montré récemment une certaine efficacité.  

 

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