27/11/2014

Boris Cyrulnik raconte sa vie de psychiatre et éthologue

 

 

 

Boris Cyrulnik (né en 1937) est une des grandes voix actuelles, au plan psychosocial voire de la vie en société. Ses deux derniers ouvrages sont biographiques : Sauve-toi, la vie t’appelle (2012) évoque son enfance (on sait comment, enfant juif dont les parents ont disparu, il s’est échappé de la synagogue de Bordeaux transformée en prison, en 1944). Le second, Les âmes blessées, restitue son itinéraire personnel et professionnel depuis ses études. Bien intéressant pour qui, comme l’auteur de ces lignes, était étudiant en médecine dans les années 1960. Les psychiatres français de référence dont on nous recommandait les manuels sont bien présents dans cet ouvrage, Henri Ey parmi d'autres. Cyrulnik a aussi été influencé par Georges Devereux, père de l’ethnopsychiatrie, et par Léon Chertok, qui a travaillé sur l’hypnose. Il s’est engagé hors de France aussi. Après la révolution de 1989 en Roumanie, il parle de ces milliers d’enfants hébergés dans des orphelinats, sans attention ni stimulation adéquates, « se balançant sans cesse, tournoyant, se mordant les doigts et incapables de parler. »

 

Il a notamment dirigé un établissement de post-cure psychiatrique et animé un groupe de recherche en éthologie clinique.  Son engagement est marqué par des approches ouvertes, interdisciplinaires. Son renom, professionnel et médiatique, est lié au fait qu’il a étudié et vulgarisé la notion de résilience.

 

 

Il a retrouvé un travail d’écolier où, à onze ans, il écrivait vouloir devenir psychiatre.  "Je me suis fait psychiatre pour expliquer le nazisme, le maîtriser et m’en libérer ". Avec une remarque en rapport avec ce qu’il est devenu : " Les persécutions de mon enfance ne m’ont pas permis de suivre une scolarité normale, c’est peut-être ce qui explique mon cheminement marginal".

Une lecture à recommander.

 

Commentaires

Evoquant la résilience, Boris Cyrulnik, se disant lui-même résilient (voir ses livres ainsi que Madame Rosette Poletti sur lui, ce thème de la résilience également) estime qu'il nous faut toujours "aller de l'avant" avec allusion biblique à la femme de Loth laquelle désobéissant à un ordre divin, s'étant retournée se retrouve transformée en statue de sel, "sel des larmes", précise Boris Cyrulnik.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 01/12/2014

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