17/12/2014

Boris Cyrulnik (III)

Résilience

Sens des termes : « La résistance définit la manière dont une personne affronte une épreuve, dans l’instant. Elle tient le coup si, avant l’affrontement, elle a acquis des facteurs de protection émotionnelle, si l‘agression n’est pas survenue dans une période sensible. Alors que la résilience désigne, après le coup, la manière dont cette personne essaie de reprendre vie ; quand la vie ne revient pas, on constate un syndrome psycho-traumatique. Dans la résilience, « il y a reprise développementale - ce qui ne veut pas dire retour à l’état antérieur  - dans un processus en remaniement constant. » «A  la métaphore d’une barre de fer qui tient le coup, je préfère l‘image agricole qui dit qu’un sol est résilient quand, dévasté par un incendie ou une inondation, toute vie a disparu jusqu’au moment où l’on voit resurgir une autre flore, une autre faune. »

A propos de  science

« La science est-elle totalement objective ? A partir d’une relation affective, d’une influence sociale, d’un intérêt de carrière, on préfère une théorie qui donne forme à nos croyances ; on peut donc orienter la méthode qui donnera le résultat qui nous fera plaisir. »

« Dans la vie courante, le simple fait d’employer le mot ‘science’ suggère qu’on aurait saisi une loi qui nous permettrait de devenir maître du réel (…) A ce titre, vivre dans une culture où les données de la science structurent les récits, c’est alimenter la grande utopie de la puissance humaine et de l’établissement à venir de bonheur universel. » Well…

Et aussi :  « Tout innovateur est un transgresseur puisqu’il met dans la culture un pensée qui n’y était pas avant lui. Il sera donc admiré par certains, et détesté par d’autres qui préfèrent les idées reçues. » « Quand une théorie évolue vers la dictature alors qu’elle parlait de liberté, ceux qui continuent à  la suivre révèlent leur soumission et leur perte de jugement. »

Approche multifactorielle et interdisciplinaire

«  L’histoire de ma vie me donnait des modèles qui empêchaient l’extrémisme, l’explication par une seule cause, le noir ou le blanc, le bien ou le mal. »

« Les pensées simples sont claires, dommage qu’elles soient fausses. Les causalités linéaires n’existent pratiquement jamais, c’est un ensemble de forces hétérogènes  qui convergent pour provoquer un effet ou l’atténuer – pensée systémique qui donne la parole à des disciplines différentes et associées.»

« Nous sommes soumis aux pressions du milieu, comme tous les animaux, mais notre milieu n’est pas le même puisque aux pressions écologiques nous ajoutons les contraintes culturelles, les merveilles de l’art et les horreurs de la guerre. »

« Le savoir morcelé est une facilité de pensée pour ceux qui veulent faire une carrière en faisant partie des meilleurs spécialistes qui accumulent les informations sur un tout petit sujet. Mais l’intégration de données éparses est préférable pour ceux qui veulent comprendre et soigner. »

 « Le réductionnisme imposé par la méthode scientifique mène parfois à des contresens quand on l’applique à la clinique. Et Cyrulnik de s’exclamer : « Objet pur du labo, sujet flou des praticiens. »   

Ce qui précède me fait rappeler cette formule d’un auteur inconnu : « Les chercheurs on fait des découvertes merveilleuses en regardant dans leurs microscopes. Mais ils devraient aussi regarder par la fenêtre ».

 

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