19/12/2014

Une éclaircie dans la gestion de la problématique drogue ?

 

 

On observe dans plusieurs villes de Suisse des démarches pour sortir d’impasses liées à la gestion jusqu’ici de la toxicomanie. Ainsi à Lausanne où la nouvelle génération PLR a pris des positions plus ouvertes et où est souhaitée la mise en pied d’un groupe interpartis pour en débattre.

Ceci sur la toile de fond du rapport récent de la Commission mondiale dont font partie plusieurs anciens chefs d’Etat, dont Ruth Dreifuss. Rapport qui rappelle que la « Guerre à la drogue » que les Etats-Unis ont imposée au reste du monde est un énorme échec. Elle a eu pour effets principaux la prospérité des mafias et l’expansion de forces répressives qui, dans de nombreux endroits, s’illustrent par des atteintes grossières aux droits humains, avec des morts par milliers.

Dans notre pays, les intervenants médicaux et sociaux se sont constamment efforcés d’assurer de soins adéquats, par des moyens adaptés aux situations diverses des personnes dépendantes. Ceci malgré des positions jusqu’au-boutistes, dans le sens de la répression, de milieux obnubilés par la conviction que l’abstinence est le seul et unique objectif digne d’être poursuivi  - ce qui signifie qu’on serait prêt à laisser dans leurs difficultés, voire leur misère, celles et ceux qui ne parviennent pas à l’abstinence. Or, l’expérience acquise depuis des années montre que ces derniers sont nombreux ; ils ont droit à une aide appropriée.

Je suis fils et frère de vignerons, j’apprécie le vin et la « civilisation du vin » qui est la nôtre. Cela n’empêche pas de devoir rappeler comment, d’un point de vue de santé publique, l’abus d’alcool fait bien plus de mal, globalement, que la consommation de cannabis par exemple. La Commission fédérale pour les questions liées aux drogues a publié plusieurs rapports de qualité, soulignant comment fondamentalement il importe de traiter selon des principes comparables l’ensemble des substances qui peuvent mener à la dépendance. Devant ces propositions cohérentes, trop de politiques sont restés pris dans une « camisole de force » idéologique, entre autres choses en diabolisant le cannabis - la question de cette substance doit être discutée de manière différenciée, tenant compte de la réalité de sa présence dans la communauté.

Toutes les sociétés ont leur(s) drogue(s). La toxicomanie est une problématique complexe, multifactorielle, qui n’admet aucun remède-miracle. Même si l’abstinence reste bien sûr le but idéal, les moins mauvaises solutions seront trouvées dans un juste milieu entre libéralisation et répression aveugle. Cela inclut de cesser de criminaliser indûment les consommateurs, de mettre en place les moyens pour eux de ne pas se rendre encore plus malades  (y compris local d’injection) et d’envisager, s’agissant du cannabis, des modèles de régulation, comme l’ont fait plusieurs pays et des Etats des USA. Ceci tout en poursuivant les efforts de prévention, de manière équilibrée et objective.

 

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