26/12/2014

Nous vivons dans un monde imparfait mais c'est le nôtre

 

 

Nous sommes quotidiennement sous le coup de drames multiples que font connaitre les média, restons souvent incrédules, scandalisés. En dépit des guerres et exterminations qu’a connues le XXe siècle, j’ai vécu une jeunesse et une vie d’adulte avec la notion (mais c’était la période des Trente Glorieuses) qu’on pouvait attendre un progrès  de/dans l’Histoire; avec notamment, entre les humains, un respect mutuel des différences. Mais le mot de barbarie vient à l’esprit devant certaines atrocités actuelles. Ceci pourtant dans un monde globalisé et interdépendant, où il n’y a guère d’endroit dont des habitants n’ont pas voyagé dans des pays éloignés du leur, pour affaires, en touristes ou pour acquérir une formation. Comment, au début du XXIe siècle, des obscurantismes fanatiques peuvent-ils amener des congénères à se comporter de telle manière ? Ce qui me fait rappeler le mot, d’un de Pury sauf erreur qui, quand il entendait dire d’animaux qu’ils montraient un comportement quasi humain, jugeait que c’était une insulte à leur égard.

Dans plusieurs registres, la lenteur des prises de conscience est préoccupante – ainsi la longue cécité-surdité politique quant au changement climatique. Généralement, alors que l’évolution récente nous a apporté  une autonomie personnelle très grande, il n’est pas possible d’ignorer les côtés négatifs d’individualismes exacerbés, en opposition franche à plus d’équité.

De quoi donc perdre nos illusions quant à un progrès inéluctable. Au moins peut-on mettre en question le temps (et progrès) linéaire des Occidentaux – par rapport au  temps cyclique de type asiatique.

Dans ce contexte qui laisse désemparé, quelles attitudes prendre?  La réalité est que, contrairement au présupposé théorique de beaucoup d’entre nous, ce qui se passe dans nos sociétés advient souvent sur des bases ou motivations irrationnelles. L’émotionnel, le dogmatique, l‘imaginaire (!) dominent la politique (et certaines votations) voire la sphère financière. Ennuyeux.

Il n’y a pas vraiment d’alternative à accepter cette fatalité, tout en s’efforçant d’en minimiser les effets nuisibles. Ce à quoi les moyens de communication ne nous aident pas, avec l’instantanéité de la transmission universelle du vrai comme du faux, de l’insultant ou du violent. On voudrait être meilleur à distinguer l’important de l‘urgent - qui monopolise indûment l’attention.

En ouvrant l’agenda 2015, en vrac quelques maximes :

« Comprendre le monde, ce n‘est pas le posséder, mais lui appartenir » (Henri Laborit).

« Il est fou de vouloir changer le monde mais il serait idiot de ne pas essayer »  (auteur ?).

 « Pourquoi répéter les erreurs passées quand il y en a tant de nouvelles à commettre ? (Bertrand Russell).

A toujours garder à l’esprit : « La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres ». Et (Hector Bianciotti – si juste à mon avis) : « C’est dans l’absence de limites qu’on se sent prisonnier ».

De Montesquieu : « Il y a une infinité de choses où le moins mal est le meilleur ». Entendu outre-Atlantique : « Perfectionnisme s’épelle p-a-r-a-l-y-s-i-e ».

Il y a aussi cette crainte souvent exprimée par les politiques : « Pas possible d’être sage tout seul !» (par exemple dans un sens de retenue, de non-emballement). Si je cours moins vite que l’autre, je serai forcément perdant… Est-ce là une fatalité encore, sera-ce toujours vrai ? On espère ardemment que non.

Enfin, se tourner du côté des poètes ? Boris Vian : « La question ne se pose pas, il y a trop de vent » - mais beaucoup de questions du moment sont bien lourdes !  Ce chant de Jacques Brel : « Voir la rivière gelée, vouloir être un printemps – Voir passer un croquant et tenter de l’aimer –Voir l’ennemi de toujours et fermer sa mémoire – Voir que l’on va vieillir et vouloir commencer ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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