26/06/2015

Les excès de langage ne sont pas souhaitables - Après le vote sur le DPI

 

 

 

 

 

Dans les débats commentant l’acceptation par le peuple de la modification constitutionnelle sur le DPI, on a entendu des choses bien surprenantes. Ainsi, deux présidents de parti au niveau suisse, qui disent avoir voté oui mais s’opposeront à la loi subséquente contre laquelle il y aura référendum. Bonjour la cohérence… Comment voulez vous que le citoyen s’y retrouve, si on se souvient que le Conseil fédéral et les Chambres ont joué parfaitement franc jeu en faisant adopter ce que sera la loi avant le vote récent? Ensuite, on a vu réapparaitre les propos excessifs et indûment alarmistes : porte ouverte à des dérives majeures, rejet des valeurs fondamentales, voire « scénario à la Frankenstein ». Bonjour la pondération qui est censée caractériser la politique suisse.

 

Déception de perdants, d’accord, mais tout de même. Que font-ils des faits : 1) les Français et les Belges connaissent et pratiquent le DPI, ce sont pourtant eux aussi des gens civilisés ; 2) des couples suisses s’adressent à eux depuis des années, avec des résultats éthiquement impeccables ; 3) le DPI permet d’éviter des interruptions de grossesse; 4) il n’est pas acceptable d’affirmer que les deux tiers des Suisses qui ont voté oui le 14 juin font tou(te)s bon marché de la dignité humaine.

 

Aurons-nous le droit l’an prochain à un débat objectif et serein sur les questions précises que peut poser une telle loi et sur ses effets concrets, ou devrons-nous à nouveau trouver notre chemin au milieu de fumigènes ?

 

 

 

11/06/2015

"Vivre sans pourquoi" - Alexandre Jollien en recherche

 

 

 

« La rose est sans pourquoi, elle fleurit parce qu’elle  fleurit… ». Formule interpellante qui inspire le dernier ouvrage d’Alexandre Jollien (L'Iconoclaste/Seuil, 2015). Est-il nécessaire de rappeler que ce philosophe valaisan, gravement handicapé, a vécu jusqu’à 20 ans dans une institution spécialisée puis s’est fait connaitre par des ouvrage substantiels en rapport avec les formidables défis rencontrés.

 

Dans sa recherche, le chrétien qu’il est et reste s’est tourné vers d’autres spiritualités, en particulier le bouddhisme. A l’été 2013, il part avec femme et enfants pour Séoul, pour y être au contact d’un jésuite canadien et maître zen. « Vivre sans pourquoi » retrace cette expérience.

 

Récit stimulant des réflexions et des allées et venus de l’auteur, à Séoul et dans le pays. Mû par le besoin de se faire des amis, il explore, voyage ; on le voit passer des heures dans des bars, cas échéant mal famés, ou aux bains publics, accompagné par un compagnon coréen Junho, plein d’entrain et de légèreté (sic).

 

Vivre sans pourquoi. « Vivre sans pourquoi, c’est apprendre à exister sans être complètement conditionné par le regard d’autrui. Et s’extraire un peu de la dictature de l’après (…) C’est bannir les ‘j’aurais dû’, les ‘si seulement’, pour mieux épouser le réel». « Dire oui à tout ce qui se présente, accueillir le chaos de ses traumatismes sans intervenir. »

 

La pratique. Son maître le père Bernard lui conseille de pratiquer chaque jour le zen et de fréquenter les Evangiles. « Alors commença la grande aventure, âpre, désertique même. Il s’agissait de raboter, de perdre les repères et cette fausse sécurité, bref de me dégager des soucis sans sauter dans l’insouciance. » «

 

Le fait de se rattacher au christianisme et au bouddhisme ne va pas sans difficultés : « D’un côté, les bouddhistes se plaignent que je ne sois pas assez bouddhiste. De l’autre, certains chrétiens me reprochent sévèrement d’emprunter des chemins de traverse ». Il rappelle l’importance des « nobles vérités » du livre de l’Ecclésiaste : vanité des vanités, tout est vanité ; il ya un temps pour tout, un temps pour rire et un pour pleurer, un temps pour naître et un pour mourir ; il faut jouir sous le soleil, profiter de la joie simple d’exister.

 

 Ecoute, doute – Sommes-nous les maîtres à bord ? « Le doute me protège de la tentation de faire de Dieu une idole. Je ne sais pas qui est Dieu, je sens une présence discrète, c’est tout. La vie va au-delà de ce qu’on en perçoit. Nous ne sommes pas les maîtres à bord. »

 

Jollien ne veut pas d’un Dieu culpabilisant : «  Pourquoi voir en lui une encombrante mauvaise conscience ? Si Dieu existe, je pressens qu’il est notre déculpabilisateur par excellence ». « L’immense malentendu, c’est de rendre la foi austère.»  

 

Corps et esprit. « Il faut prendre soin du corps pour que l’âme s’y plaise. Faire du sport, sentir l’odeur de son enfant, boire, manger ». Et : « Ce périple oriental balaie les possibilités de fuir et m’oblige à conjuguer ce nouveau verbe : prendre soin de soi ».

 

Guérir de l’idée de guérir. « Je commence à comprendre qu’aucun docteur ne peut me guérir (…) La grande santé, c’est de faire avec ses faiblesses, ses maux incurables, les mille et une blessures qui nous rongent. »

 

« Surtout, s’oublier un peu [mais] attention, s’oublier et non se négliger ». « L’ascèse peut se résumer en un paradoxe apaisant : prendre soin de soi tout en faisant peu de cas de sa personne. » « Se réconcilier avec l’imperfection du monde, voilà l’ascèse, la conversion. »

 

Et, à l’adresse des hyperactifs : « Qu’il est dur de résister à la tentation et de ne pas meubler le vide (…) Quel manque de goût d’associer le silence au vide, à l’ennui » ! 

 

NB : Pas besoin d’avoir soi-même foi en une transcendance pour être interpellé par le parcours du « frère en humanité » qu’est Alexandre Jollien.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

04/06/2015

Blatter ! Maurer ?

 

 

 

Après ce qui vient de se passer, que penser des propos élogieux et du soutien affirmé du Conseiller fédéral Ueli Maurer à Monsieur Blatter peu avant la réélection de ce dernier ? Ignorance d’une situation complexe et qu’on savait pour le moins délicate au sein de la FIFA ? Ce qui serait surprenant, pour ne pas dire préoccupant, s’agissant d’un de nos ministres. Volonté  de ne pas voir une réalité qui se profilait pourtant "gros comme une maison" ? Souhait de garder haut le drapeau de la "Schweizer Qualität", de notre indiscutable excellence, pour voir maintenant les aspects "suisses" de ce dossier donner lieu à des critiques dommageables de notre pays ? On aimerait des éléments de réponse à ces questions.