19/10/2015

L'humanité se détruira-t-elle parce que nous n'aimons pas les mauvaises nouvelles ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le changement climatique est un phénomène majeur. On voit encore des gesticulations sceptiques, heureusement en nombre décroissant, mais la pertinence des conclusions du GIEC n’est en réalité plus contestée. Les faits sont les faits - et, selon une formule d’outre-Atlantique, si chacun a droit a son opinion, chacun n’a pas droit à ses propres faits ! Parmi les facteurs qui rendent difficile d’avancer, il y a les enjeux liés à des activités polluantes. On veut exploiter comme jusqu’ici les mines de charbon par ex., alors qu’une demande forte de l’écologie aujourd’hui est de laisser dorénavant  là où elles sont, sous terre, les ressources non renouvelables, pour se concentrer sur le renouvelable. Sur ces sujets entre autres, la bêtise insondable qui semble caractériser en ce moment les ténors du parti républicain aux USA est un problème à répercussions mondiales.

 

Toutefois, de manière « hénaurme » en un sens, la raison la plus forte des cécités actuelles pourrait être le fait que nous n’aimons pas les mauvaises nouvelles. Cette répugnance est avec nous depuis toujours sans doute. Dans le passé toutefois, des effets délétères de l’action humaine ne touchaient pas la planète entière. Leurs impacts, liés au limites de la technologie, étaient modestes et leur rythme suffisamment lent pour qu’ils soient gérés, digérés, sans dommage à long terme. Avec des mutations sociétales et techniques à couper le souffle, la situation est totalement différente aujourd’hui. « Regarder ailleurs » pour ne pas voir est/sera désastreux.

 

Evolutions exponentielles en quelques décennies : démographie mondiale, consommations et pollutions multiples (curieux aussi qu’on parle si peu des nouveaux « continents de plastic » flottant dans les océans). Nous avons tous vu ces graphiques qui devraient faire peur. Mais, nous voulant modernes, « sérieux », nous tendons trop à les enregistrer comme des faits surprenants, dont il faudrait une fois se préoccuper, sans pour autant que cela induise une pression forte à changer nos modes de faire et de consommer. Or, la reddition devant la difficulté ou le paresseux « Cela a bien été jusqu’ici, cela ira bien encore quelque temps » ne sont pas des options acceptables.

 

La révolution industrielle, d’où sont issues les « merveilles » qui rendent compte des changements de l’écosystème Terre, date d’un peu plus de 200 ans. C’est dire que ces modifications sont intervenues  dans le dernier vingt-millionième de l’existence de la Terre (4,5 milliards d’années). Mais ces chiffres (un vingt-millionième, 4 milliards), cela ne peut/veut grosso modo rien nous dire ; on reste bouche bée devant des alignements de zéros ou de décimales mais on n’en prend pas la mesure. En plus donc du bandeau sur les yeux que représente le rejet des mauvaises nouvelles, un autre obstacle à un entendement approprié est que certains ordres de grandeur ne nous « pénètrent pas ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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